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AVC : tout faire pour raccourcir les délais de prise en charge

Santé Publique
Avec chaque année 150 000 victimes en France - dont près de 30 000 décès - l’accident vasculaire cérébral (AVC) est un fardeau pour la santé publique. Afin d’en diminuer le niveau, la prise en charge doit être la plus précoce possible. C’est pourquoi les équipes médicales doivent travailler de manière coordonnée. Au cours du Forum AVC organisé le 12 janvier à Rennes par Boehringer Ingelheim, professionnels du SAMU, radiologues, neuroradiologues interventionnels, cadres infirmiers, pompiers ont échangé afin de trouver des marges de progrès.
Un AVC survient lorsque la circulation sanguine cérébrale est interrompue. Cela peut être le cas lorsque le passage du sang dans un vaisseau a été obstrué, généralement par un caillot. Les spécialistes parlent alors d’AVC ischémique. L’autre forme d’AVC se produit en cas de rupture ou d’éclatement d’un vaisseau, provoquant une hémorragie cérébrale. L’AVC alors, est hémorragique.
Selon l’Association France AVC, « l’accident vasculaire cérébral est la première cause de handicap physique de l’adulte en France. Les AVC sont souvent responsables de séquelles lourdes, l’accident pouvant toucher des grandes fonctions neurologiques, telles que la motricité (hémiplégie), la sensibilité (anesthésie, douleurs), le langage (aphasie), la vision, ce qui entraîne de nombreuses difficultés de réinsertion. »
La prise en charge de l’AVC consiste en la revascularisation cérébrale. Deux stratégies thérapeutiques utilisées seules ou en association peuvent être envisagées, en fonction du type d’AVC. La première, appelée thrombolyse ou fibrinolyse (par voie intraveineuse) doit impérativement être administrée dans les 4h30 qui suivent l’AVC. Les professionnels de santé peuvent également recourir à la thrombectomie. Il s’agit en réalité de déboucher le caillot de manière mécanique. Dans ce cas, le délai de prise en charge ne doit pas dépasser les 6h.
Faire connaître les signes de l’AVC au plus grand nombre
Ces délais imposent donc d’intervenir le plus rapidement possible. C’est pourquoi il est essentiel que le grand public soit sensibilisé aux signes de l’AVC : paralysie brutale du visage, faiblesse brutale d’un bras ou d’une jambe, troubles soudains de la parole, troubles de l’équilibre, mal de tête intense et inhabituel, baisse de la vision…
Pour le Pr Jean-Christophe Ferré, (Unité d’imagerie neuro-faciale, service de radiologie et imagerie médicale, CHU de Rennes), « cette information du public est primordiale pour améliorer les délais de prise en charge. Il doit impérativement avoir le réflexe de composer le 15 afin d’être orienté dans la bonne filière de soins ». Pour notre spécialiste, les marges de progression dans la prise en charge des AVC reposent notamment, « sur une plus forte coordination entre tous les acteurs de la filière de soins. Nous devons aussi renforcer nos réseaux sur l’ensemble du territoire de la Bretagne ».
C’était l’objectif de ce Forum multidisciplinaire organisé à Rennes au cours duquel les professionnels de santé ont pu s’accorder sur des actions concrètes à mettre en place. Notamment la définition des critères d’orientation qui permettent d’adresser le bon patient au bon endroit et l’importance du recours à l’expertise neuro-vasculaire.