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Cancer : apprivoiser les effets secondaires de l’immunothérapie

Cancérologie
Les traitements d’immunothérapie portent depuis le début des années 2010 un espoir immense dans la lutte contre le cancer. D’autant qu’ils ne présentent pas les effets indésirables classiques des chimiothérapies, comme la perte de cheveux, la fatigue et les nausées. Toutefois, d’autres effets secondaires peuvent survenir.

Avec l’immunothérapie « on vient casser la tolérance immunologique envers les cellules cancéreuses », explique le Dr Aurélien Marabelle*. Plus précisément, ces traitements activent le système immunitaire à l’excès, dans le but de combattre le cancer. Résultat, « les effets secondaires qui peuvent apparaître sont de type inflammatoires ou auto-immuns », comme une toxicité au niveau pulmonaire ou digestif. Avec des conséquences potentiellement graves si le bon diagnostic n’est pas posé.

Et c’était bien là le problème, au début de l’utilisation des immunothérapies tout du moins. « Les oncologues n’étaient pas formés à diagnostiquer cette toxicité inflammatoire », explique Aurélien Marabelle. Ainsi, « une diarrhée sur une colite inflammatoire pouvait être prise pour une simple diarrhée et le malade être renvoyé chez lui avec de l’imodium® ». Or « il faut dans ce cas prescrire des corticoïdes pour éviter la perforation ».

« Aujourd’hui, nous avons mis en place des programmes de surveillance des toxicités, ce qui permet de bien les maîtriser », rassure Aurélien Marabelle. Lequel précise que les effets délétères de l’immunothérapie « sont réversibles et tous les patients n’en sont pas vicstimes. »

*Directeur clinique du programme d’immunothérapie en cancérologie, Gustave Roussy - INSERM Lab U1015