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Cancer du sein : les bénéfices de l’escrime

Cancérologie
Bénéfique en prévention comme dans le traitement du cancer, le sport stimule le moral et les défenses immunitaires. Innovant en la matière, le CHRU de Nancy propose depuis peu des séances d’escrime aux femmes prises en charge pour un cancer du sein. L’objectif, retrouver une bonne souplesse des bras et des épaules après une chirurgie mammaire.
 Au CHRU de Nancy et à l’Institut de Cancérologie de Lorraine, des cours d’escrime sont proposés aux femmes prises en charge pour un cancer du sein. Une discipline organisée depuis le 4 novembre 2016 par l’association RIPOSTE*, composée de patientes, de médecins, de soignants et de maîtres d’armes.
Sur la base du volontariat, ces séances s’ouvrent dans les « 4 à 6 semaines après la chirurgie, y compris pendant la chimiothérapie et/ou la radiothérapie », explique le Dr Mathias Poussel, escrimeur et médecin au Centre de référence sur l’évaluation médico-sportive. Le coût des leçons est entièrement financé pendant une année par des aides nationales et locales : précisément, la Fédération Française d’Escrime et la Ligue Lorraine d’Escrime.
Toutes les patientes peuvent y participer, à condition de passer l’épreuve de l’évaluation médico-sportive afin de vérifier l’absence de contre-indication médicale. Autre mesure de précaution, pour proposer ces séances, l’établissement est doté d’un agrément « Escrime adaptée » qui satisfait à un cahier des charges. « Les entraîneurs suivent de leur côté une formation adaptée aux patientes. »
Des gestes thérapeutiques
Sport complet, l’escrime stimule la coordination visuelle et musculaire ainsi que le sens de l’équilibre et le système cardiovasculaire. Et elle mobilise tout particulièrement la rotation du buste. « L’amplitude du geste éduqué par le maître d’armes, poussant les parades hautes de plus en plus loin et de plus en plus haut, fait travailler épaule et bras ». Idéal pour « lutter contre l’enraidissement de l’épaule souvent constaté après une chirurgie du cancer du sein à cause des cicatrices ». Autre atout, le côté camouflant associé à la pratique. « La tenue d’escrime, identique pour toutes et couvrant tout le corps, gomme les différences socio-professionnelles, occultant également les marques des points de radiothérapie ».
A noter : pour la première fois en France, une étude liant l’expertise des oncologues et des médecins du sport sera prochainement lancée pour évaluer l’efficacité de cette pratique sur le long terme, et à partir d’un plus large échantillon. « L’idée est d’avoir une photographie des patientes avant le démarrage de l’escrime adaptée, puis à 3 mois, 6 mois et un an ».
*Reconstruction, Image de soi, Posture, Oncologie, Santé, Thérapie, Escrime