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Diabète gestationnel : prévenir les complications chez le nouveau-né

Grossesse / accouchement
Trouble métabolique survenant pendant la grossesse, le diabète gestationnel fragilise l’enfant à naître. Selon des scientifiques français, cette atteinte touchant 7 femmes enceintes sur 100 élève le risque de naissance avant-terme, de césarienne, de pré-éclampsie. Mais aussi de fragilité respiratoire et cardiaque. Autant de complications rappelant l’importance du dépistage chez les femmes à risque.
Le diabète gestationnel se traduit par une « hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse », selon les termes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Mais quelles conséquences chez l’enfant ? Pour le savoir, des chercheurs français* ont analysé le dossier médical de 796 346 femmes enceintes ayant accouché en 2012. Parmi elles, 57 629 (soit 7,24%) ont souffert d’un diabète gestationnel.
Plus de 700 000 cas à l’étude
Première étape, la collecte des informations concernant le profil diabétique des femmes, en répertoriant les médicaments prescrits, les taux d’insuline anormalement bas et les diagnostics établis. Point important, le plus souvent le diabète apparaît au deuxième trimestre de la grossesse et peut disparaître après la naissance. Mais ce trouble peut aussi être antérieur à la grossesse et méconnu avant le suivi obstétrical. Dans ce cas, il est« persistant après l’accouchement ». Ainsi pour étudier exclusivement les complications liées au diabète gestationnel, les femmes dont le trouble « a duré plusieurs mois après la période de post-partum » ont été exclues de l’étude.
Malformations cardiaques, détresse respiratoire…
« L’impact sur les enfants a donc été répertorié dans 705 198 cas, que l’hyperglycémie de la femme soit régulé ou non par un traitement ». Résultats, « chez les petits nés de mères diagnostiquées pour un diabète gestationnel, l’élévation du risque de naissance avant-terme était de 30%. De 40% concernant un accouchement par césarienne, de 70% pour la pré-éclampsie ». Elle est de 80% pour le poids supérieur à la normale (la macrosomie, établie quand le nourrisson pèse plus de 4 kg à la naissance), de 30% concernant la détresse respiratoire et les malformations cardiaques. « La fréquence de ces complications s’accroît encore lorsque le diabète est sévère, nécessitant le recours à l’insuline », précisent les chercheurs.
Enfin, l’élévation du risque de décès du nourrisson est aussi de 30% en cas de diabète gestationnel. « Les traitements à base d’insuline retardent l’accouchement. Le fœtus se trouve donc plus longuement exposé à un taux de glucose sanguin élevé. »
Dépistage et suivi
Ce travail rappelle l’importance du dépistage du diabète gestationnel. Une prévention préconisée par « le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) en cas de facteurs de risque (surpoids, obésité, âge supérieur à 35 ans, antécédents familiaux de diabète) ».
Ensuite, en cas de diagnostic, la première approche pour limiter les complications chez la mère et l’enfant consiste à équilibrer le régime alimentaire de la femme enceinte. Une méthode suffisante dans 75% des cas pour stabiliser la situation. Mais chez 25% des futures mamans, l’amélioration de l’hygiène de vie ne suffit pas à réguler le taux de glucose sanguin et la prise en charge va vers le recours à l’insuline. Le diabète étant  plus difficile à réguler dans ce cas, un suivi plus rapproché devient alors essentiel.
* Le Dr Sophie Jacquemin, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Assistance Publique des Hôpitaux de Paris*, Services de néonatalogie, Hôpital Armand Trousseau. Cécile Billonet de la Caisse nationale de l’Assurance-maladie des travailleurs salariés (Cnampts).