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Fipronil dans les oeufs : le « risque sanitaire très faible » pour la santé humaine ?

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Insecticide et acaricide retrouvé dans des oeufs venus de Belgique et des Pays Bas, le fipronil ne présenterait pas de risque pour la santé humaine aux doses relevées. Une information confirmée par l'Anses et le ministère en charge de l'agriculture et de l'alimentation ce vendredi 11 août.

Quelles conséquences entraînent l'ingestion d'oeufs ou de tout autre produit contaminés par le fipronil ? Selon l'Anses*, le danger « pour la santé humaine est très faible au vu des niveaux de fipronil constatés (...) et au vu des habitudes françaises de consommation alimentaire », note l'Anses. Mais en prévention, l'agence rappelle « qu'en cas de dépassements des niveaux de consommation maximale d'oeufs ou de viande (...) contaminés (...), le risque ne peut être exclu. » Un rapport toxicité/quantité révélé ce 11 août, suite à la mise en circulation sur le marché européen d'oeufs contaminés par cet insecticide.

Les faits remontent au 20 juillet, date à laquelle la Belgique et les Pays-Bas « informaient les Etats membres de la présence de fipronil dans des oeufs et de la viande de volaille, au sein de différents ateliers de production de leur pays ». A son tour, la Commission européenne a sonné l'alerte le 5 août alors que des résidus d'insecticide ont été retrouvés dans plusieurs pays d'Europe, dont la France. Des réactions justifiées. En effet, si ce produit est efficace contre les poux rouges des poules et « autorisé en tant qu'antiparasitaire dans les médicaments vétérinaires pour les animaux de compagnie, il ne l'est pas pour le traitement des animaux d'élevage dont les produits sont destinés à la consommation », précise l'Anses.

Un risque 0 ?

Les principaux risques « associés à une importante exposition au fipronil sont généralement bénins », continue l'Anses. « Des niveaux de dose de l'ordre de 10 fois la dose de référence aigüe n'ont conduit qu'à des symptômes bénins et réversibles, notamment des troubles digestifs, y compris chez l'enfant. » En cas d'ingestion, des effets neurotoxiques et notamment des convulsions, sont rapportés. Mais « ce type d'effet n'a pas été observé dans les cas d'ingestion directe accidentelle de produit à base de fipronil recueillis par les centres antipoison français dans le cadre de la toxicovigilance ». En fait, « les rares observations de convulsions relevées dans la littérature internationale sont liées à des ingestions de grandes quantités de ce type de produits. »

Les investigations continuent

« Bien que le risque pour la santé humaine soit écarté, les investigations dans les élevages de volailles et dans les établissements producteurs d'ovoproduits, se poursuivent activement », précise le ministère en charge de l'agriculture et de l'alimentation. Ainsi « les enquêtes de traçabilité en cours, en France comme à l'étranger, ont permis d'identifier deux établissements, situés dans les départements de la Moselle et de la Vendée, ayant réceptionné des ovoproduits contaminés en provenance de Belgique ». Et sur le sol français, « le nombre d'établissement ayant réceptionné des oeufs contaminés est toujours au nombre de cinq** ». Autre point, le DEGA 16 (substance à l'origine de la contamination), illégal en France, n'a pas été utilisé « dans les élevages de volailles enquêtés à ce jour ».

« Enfin, deux centres d'emballage d'oeufs (Nord et Somme), ont reçu des oeufs de consommation contaminés des Pays-Bas et de la Belgique. Il est mis en évidence qu'un premier lot de 196 000 oeufs en provenance de Belgique a été mis sur le marché entre le 16 avril et le 2 mai. Ces oeufs ont aujourd'hui déjà été consommés, sans impact constaté sur la santé. Un deuxième lot, venant des Pays-Pas, portant le code 0 NL 43651-01 (environ 48000 oeufs) mis en vente entre le 19 et le 28 juillet a également été identifié. Le distributeur, LEADER PRICE, a procédé au retrait des oeufs encore en rayon dès qu'il a eu connaissance d'un risque de contamination. Les niveaux de contamination effectifs ne présentent pas de risque pour les consommateurs. »

De nouveaux dispositifs de sécurité ?

En cohérence avec la position de la Commission européenne, « les autorités françaises ont décidé d'affiner les mesures de gestion sur le territoire national » :

- « une traçabilité avale systématique sera demandée aux entreprises sur l'ensemble des oeufs provenant des élevages contaminés recensés en Belgique et aux Pays-Bas, soit 86 élevages d'après les listes fournies par les autorités de ces deux pays. »
- « cette traçabilité sera assurée à la fois sur les établissements d'ovoproduits et sur les établissements producteurs d'aliments à base d'oeufs et d'ovoproduits. »
- « tous les produits contenant des oeufs issus des élevages contaminés seront retirés du marché dans l'attente de résultats d'analyse. Ils seront remis sur le marché en cas de résultats favorables. »

*Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail
**La Vienne, le Maine et Loire, le Pas-de-Calais, le Nord et le Morbihan