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Fromages, œufs, jambons : des protéines contre l’ostéoporose

Nutrition
L’ostéoporose frappe particulièrement nos aînés. Elle s’installe insidieusement et est repérée le plus souvent lors d’une fracture. En cause, une fragilité osseuse inhérente à la pathologie. Pourtant à en croire des chercheurs américains, la fracture ostéoporotique n’est pas une fatalité. Et si le contenu de notre assiette – et plus particulièrement les protéines - faisait office de prévention ?  

L’ostéoporose se traduit par une perte progressive de la qualité et de la quantité d’os. Chaque année en France, cette pathologie est responsable de plusieurs centaines de milliers de fractures dont 51 000 rien que pour la hanche.

Selon l’Association Française de Lutte Anti-Rhumatismale (AFLAR) « douze mois après une fracture de la hanche, on observe une perte d’autonomie chez 80% des patients, un handicap au long cours chez 30% d’entre eux et un décès chez 20 à 27% (…) L’ostéoporose pèse donc lourd dans les dépenses de santé publique, de manière directe (soins liés aux fractures) et indirecte (coûts associés à la perte de l’autonomie et au handicap). »

Il apparaît donc urgent de prévenir l’ostéoporose. Et si la clé se trouvait dans l’assiette, pas seulement dans le calcium mais aussi dans les protéines ? C’est en tout cas ce que sous entend une équipe de l’Université du Minnesota (Etats-Unis).

Leur postulat de départ ? Une trop faible consommation quotidienne de protéines jouerait un rôle non négligeable dans la survenue de fractures. Ainsi les chercheurs se sont-ils intéressés aux dossiers médicaux de 5 875 hommes âgés en moyenne de 73 ans, tous issus de la Osteoporotic Fractures in Men study.  Le contenu de l’assiette a régulièrement été épluché par les auteurs.

Au cours des 15 années de suivi, plusieurs centaines de fractures ont été recensées, parmi lesquelles 270 de la hanche ou bien encore 193 fractures vertébrales. Après ajustements, les chercheurs ont constaté que les hommes consommant un niveau de protéines plus élevé que l’apport nutritionnel conseillé avaient un risque réduit de fractures ostéoporotiques (principalement les fractures de la hanche). En fait, l’apport protéique était associé à une meilleure densité minérale osseuse. Un résultat retrouvé chez les consommateurs de protéines animales et/ou laitières. Mais pas chez les aficionados de protéines végétales.

Des conclusions qui au final viennent corroborer de précédentes publications. D’ailleurs, sont-elles vraiment si surprenantes ? N’oublions pas en effet que les protéines jouent un rôle structural (notamment au niveau musculaire) et surtout, elles participent au renouvellement de la matrice osseuse.

Où trouver des protéines ?

Rappelons que l’apport nutritionnel conseillé en protéines chez les personnes âgées est légèrement augmenté par rapport à la population générale. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), cette consommation doit être quotidiennement de 1 gramme par kilo de poids corporel. En clair, si vous pesez 70kg, vous devrez consommer 70g de protéines par jour.

L’ANSES rappelle par ailleurs que les aliments d’origine animale sont caractérisés par leur forte teneur en protéines de haute qualité nutritionnelle (composition en acides aminés indispensables, digestibilité…). Les produits laitiers et notamment le fromage en sont de très bons pourvoyeurs et ont aussi l’avantage de fournir du calcium. Notamment, ceux dits « à pâte pressée cuite », type emmental ou Comté. Leur teneur est de 30 à 33g/100g.

Certaines viandes sont également très riches. C’est le cas du rôti de porc et du blanc de poulet avec une teneur moyenne de 37g/100g. N’oublions pas les poissons. Le thon blanc ou les sardines en contiennent à hauteur de 30g/100g.