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Infirmiers : la révolution demandée pour le prochain quinquennat ?

Santé Publique

Alors que l’élection présidentielle approche, l’Ordre national des Infirmiers révèle le chantier politique à initier pour faire face aux évolutions médicales de demain. Et elles sont nombreuses : hausse des violences, restructurations hospitalières, développement du numérique ou encore prise en charge à domicile et logique de productivité…


Au total, la France compte 600 000 infirmiers sur son territoire. Ces professionnels exercent « dans le secteur public ou privé hospitalier, en libéral ou encore dans les services de santé au travail, dans les établissements scolaires, en ville ou en milieu rural ». Une grande diversité donc, qui se retrouve autour d’un consensus : le métier d’infirmier a besoin de faire peau neuve ! Ainsi à 10 jours du premier tour de la Présidentielle, l’Ordre national des Infirmiers dresse les  décisions politiques à prendre lors du prochain quinquennat.


Protection et sécurité



  • Lutter contre les actes de violence. L’Ordre demande la mise en place de systèmes de surveillance connectés, d’un plan de formation pour préparer les infirmiers aux soins à domicile. Mais aussi une meilleure prise en charge des accidents d’exposition au sang et aux virus ;

  • Renforcer la prévention en créant un statut d’infirmier référent-coordonateur et valoriser le temps de travail infirmier dédié à la sensibilisation et à l’éducation à la santé ;

  • Augmenter le niveau de sécurité en fixant un nombre de patients maximal par infirmier, imposer le travail en binôme avec un senior en cas de prise de nouvelles fonctions et renforcer le suivi par le cadre de service ;

  • Annuler l’ordonnance issue d’une directive européenne autorisant l’exercice partiel des infirmiers ressortissants de l’UE n’ayant pas obligatoirement les mêmes équivalences de diplôme.


Vers plus de reconnaissance



  • Inclure les infirmiers dans les débats menés au gouvernement et dans les instances de décisions (Haute autorité de Santé, ANSM, Agences régionales de santé…) ;

  • Réévaluer la tarification des actes dans le secteur libéral et intégrer les instances dans ce processus de révision ;

  • Elargir le droit à la prescription et à la vaccination sans prescription pour améliorer la couverture médicale ;

  • Créer une filière universitaire en sciences infirmières « comme c’est le cas dans la plupart des grands pays industrialisés ».


Des soins universels… et technologiques



  • Maintenir le rôle dominant de la Sécurité sociale dans la prise en charge des frais de santé sans laisser les mutuelles et les assurances privées couvrir la majorité des actes et traitements ;

  • Profiter des dispositifs de soins à distance pour améliorer le suivi des patients entre les consultations de ville et d’hôpital. Et donc générer des économies. Mais aussi déployer le Dossier Médical Partagé et y consacrer une partie dédiée à l’infirmier.