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Lactalis : des grandes surfaces ont continué à vendre du lait contaminé

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Les 2, 10 puis 21 décembre, des mesures de retrait-rappel de produits de nutrition infantiles fabriqués par Lactalis ont été annoncées du fait d'un risque de contamination par des salmonelles. Problème, nombre d'entre eux ont continué à être vendus dans plusieurs enseignes de la grande distribution. Une situation « susceptible de constituer une tromperie aggravée », selon la DGCCRF.

Le 9 janvier, l'enseigne Leclerc a été la première à reconnaître que du lait infantile censé avoir été retiré du marché a bien été vendu dans plusieurs de ses magasins. Au total, malgré la procédure de rappel, « 984 produits ont été vendus ». Mais le lendemain, d'autres enseignes lui on emboîté le pas. Ainsi a-ton appris que les groupes Carrefour (434 boîtes vendues), Système U (384), Cora (72) Auchan(52) et Intermarché sont également concernés.

Comment ces ventes ont-elles été possibles ?

Alors qu'une procédure de rappel était en cours, comment certains produits ont-ils pu passer entre les mailles du filet ? Dans la mesure où le ministre en charge de l'Economie, Bruno Le Maire, a lui-même ordonné ces rappels, l'Etat n'a-t-il pas une part de responsabilité dans la (mauvaise) application de ces mesures ?

Face à ces questions, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) se dédouane. Ainsi explique-t-elle, « plus de 2 000 contrôles ont été effectués à ce jour. Au cours de ces contrôles, s'il s'avérait que des produits rappelés continuaient à être commercialisés, les agents de la DGCCRF demandaient le retrait immédiat des rayons des produits incriminés. » Avant d'ajouter, « c'est l'industriel qui est responsable de la mise en oeuvre des retraits. Il lui revient de déterminer les moyens nécessaires pour assurer l'efficacité des opérations (information directe de ses clients, communiqués de presse...). Tout au long de la chaîne de distribution, chaque maillon est responsable, d'une part, de cesser la commercialisation des produits concernés et, d'autre part, d'informer ses clients de la procédure de retrait/rappel. » Lactalis et les grandes surfaces sont donc clairement visés.

Mais cela ne répond pas à la question : comment – dans les faits - les laits contaminés ont-ils pu continuer à être vendus ? Les explications varient d'une enseigne à l'autre. Du côté de Leclerc, on avance l'argument de « difficultés liées à la succession de rappels ». Chez Auchan, on parle d'une « livraison (de produits incriminés) postérieure aux opérations de retrait exécutées » tout en évoquant « un manque de vigilance des équipes ».

Que risquent les enseignes ?

Au micro de nos confrères de France Info, Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir a affirmé que les grands distributeurs encouraient «  une amende de cinquième classe (de 1 500 à 3 000 euros). C'est ridicule. Il faut qu'il y ait des audits externes qui garantissent que la décision prise est traitée selon une procédure efficace et que le consommateur soit rassuré ».