Actualités

Les amphétamines font vieillir le cœur

Toxicologie / addictions
La consommation de drogue est néfaste pour la santé. Les amphétamines ne font pas exception. Une équipe australienne a tenté d’en savoir plus sur le mécanisme de ces substances sur le système cardiovasculaire. Leurs observations révèlent un vieillissement prématuré du cœur chez les usagers.

Les amphétamines sont des stimulants associés depuis longtemps à des effets cardiovasculaires indésirables comme une tachycardie ou encore une élévation de la tension artérielle. L’augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC), d’infarctus du myocarde et de rupture d’anévrisme est, elle aussi, largement documentée. Mais comment agissent donc ces substances psychoactives sur le système cardiovasculaire ?

Pour le découvrir, des chercheurs de la University of Western Australia (Perth) ont étudié la pression sanguine de 713 patients d’une clinique de désintoxication. Dans le détail, ils ont mesuré la pression sanguine dans l’artère brachiale et dans l’artère radiale. Tous les participants, âgés entre 30 et 50 ans, ont en outre fourni des informations concernant leurs habitudes vis-à-vis des drogues.

Le fonctionnement des cellules souches atteint

Ceci a permis aux scientifiques de les répartir en 4 groupes distincts. Le premier était composé de non-fumeurs, le second de fumeurs, le troisième de consommateurs d’amphétamines et le dernier d’utilisateurs de méthadone. La comparaison a montré que les addicts aux amphétamines présentaient un système cardiovasculaire prématurément vieilli. Et ce, par rapport à tous les autres groupes. Physiologiquement, ce phénomène se manifestait pas des artères plus rigides, ce qui se produit naturellement avec le vieillissement. Dans le cas de ces individus, le processus était accéléré et accentué.

Comment les chercheurs expliquent-ils ce phénomène ? « De précédentes études avaient montré que les amphétamines interféraient avec le fonctionnement des cellules souches. Lesquelles participent au renouvellement et à la réparation naturels des tissus », indiquent les auteurs. Une explication somme toute logique au vieillissement prématuré des tissus cardiaques des toxicomanes. « Les autres tissus de l’organisme sont d’ailleurs sans doute aussi affectés », concluent-ils.