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Mutilations génitales : la « tolérance zéro » à l’œuvre

Santé Publique
Au total, 50 000 Françaises sont victimes de mutilations génitales. Et dans le monde, 200 millions de filles et femmes ont déjà subi cet acte violent pratiqué sans raison thérapeutique. Comment empêcher cette pratique ? Quelle prise en charge est proposée ? Le point à l’occasion de la Journée internationale dédiée ce 6 février.
Dans le droit international, les mutilations génitales constituent une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles. Pourtant, cette lésion des organes génitaux – entrave à l’intégrité physique et morale – reste pratiquée dans de nombreux pays. Notamment la « Somalie (98%), la Guinée (97%), Djibouti (93%) concernant la génération 15-49 ans », expliquent le FNUAP* et l’UNICEF**, à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales organisée ce 6 février.
De très jeunes filles sont au cœur de cette violente discrimination. Ainsi,  44 millions d'enfants et pré-adolescents « de moins de 14 ans ont été exposée à ces mutilations, principalement en Gambie, en Mauritanie et en Indonésie ». Dans l’ensemble de ces trois pays, la moitié des filles de moins de 11 ans ont déjà subi cette pratique déclenchant une cascade de fragilités physiologiques (saignements, kystes, infections urinaires, infertilité, élévation du risque de décès de l’enfant à la naissance). Mais aussi psychologiques (anxiété, dépression, état de stress post-traumatique).
Eradiquer le fléau des mutilations génitales
Le FNUAP et l’UNICEF déploient, depuis 2007, dans 17 pays un programme de lutte contre les mutilations génitales. Le plus important jamais mis en place. Parmi les différents axes, deux priorités :


Eviter toutes les pratiques préjudiciables exposant les jeunes filles aux risques de mutilations (mariages des enfants précoces et/ou forcés). Une mesure inscrite dans le 5e point des Objectifs de développement durable adoptés en janvier 2015, projetant une fin des mutilations génitales d’ici à 2030 ;
Impliquer l’ensemble des communautés sur cette question de droit fondamental. Et plus précisément informer via des campagnes de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive afin de faire reculer cette pratique.

Sur la voie de la reconstruction
Alternative thérapeutique, la chirurgie réparatrice aide les femmes à recouvrer la fonctionnalité de leurs organes génitaux. En France, le centre gynécologie du Centre Hospitalier Lyon Sud (Hospices civiles) propose depuis 8 ans un accueil et un suivi des victimes. « En vue d’une éventuelle réparation chirurgicale, une prise en charge pluridisciplinaire est proposée. » Selon les cas, un gynécologue, un psychologue, un sexologue et/ou une sage-femme organisent le suivi de la femme. A compter du 8 février, une ligne téléphonique (04 26 73 96 24) ouvre pour répondre à distance aux questions des victimes.
*Fonds des Nations Unies pour la population
** Fonds des Nations Unies pour l’enfance