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Odontologie médico-légale : l’identité dans les dents

Santé Publique
Un cadavre calciné dans une voiture accidentée, un corps découvert au fond de l’eau ou encore des victimes d’une catastrophe aérienne ou d’un attentat. Toutes ces situations nécessitent l’identification d’individus inconnus. Pour aider les enquêteurs, le médecin légiste est souvent assisté par un chirurgien-dentiste spécialisé, l’odontologiste médico-légal. Comment procède-t-il ? Quel est l’intérêt de l’analyse dentaire en criminologie ? Le Dr Guy Collet, spécialiste en odontologie médico-légale fait le point.
« Pour identifier un inconnu, le travail des odontologistes médico-légaux consiste à établir une carte d’identité dentaire », souligne le Dr Collet. Pour ce faire, le spécialiste prélève sur les dents et les tissus de soutien (os, gencives…) tous les indices susceptibles de fournir des informations concernant l’identité de la victime.
Forme, morphologie, pathologies, traitements prothétiques, obturation… Autant d’éléments qui composent progressivement le dossier post mortem. « Notre objectif est de dresser la carte la plus précise et la plus complète de tout ce qui a été réalisé en bouche », précise le Dr Collet.

Une fois recueillis, tous les indices font l’objet d’examens et d’analyses. « Les arcades dentaires sont étudiées, ainsi que l’occlusion, relevées de façon visuelle puis radiographique », détaille le spécialiste. Des mesures sont également réalisées « pour tenter notamment de déterminer le sexe et l’âge de l’individu. »

Comparaison avec le dossier ante mortem
Tous ces indices composant ainsi le dossier post mortem sont alors comparés à une série de données sur les caractéristiques de la dentition (le dossier ante mortem). « Il s’agit d’une fiche d’identité dentaire réalisée et conservée par le dentiste de chaque personne de son vivant. » Bien entendu, il s’agit de confronter le dossier du légiste à plusieurs dossiers ante mortem ayant des chances d’être ceux de l’individu retrouvé. « Parfois on ne parvient pas à une identification formelle », admet Guy Collet.
Pour augmenter les chances d’identifier l’inconnu, « un avis de recherche est publié dans la revue professionnelle (la lettre de l’ordre des chirurgiens dentistes, ndlr) », explique le Dr Collet. « Une photo des prothèses, une radiographie ainsi que tout indice potentiellement identifiant, comme une obturation, sont ainsi fournis », poursuit-il. Sans succès, ces données sont archivées dans le fichier de personnes classées X, avec un prélèvement ADN. Dans l’espoir qu’un jour, l’identité de la victime soit enfin élucidée.