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Recherches cliniques : la France n’a pas à rougir

Médecine

Actualisée tous les deux ans, l’enquête du Leem tire le portrait de la recherche clinique en France. Et bonne nouvelle : les travaux menés dans l’Hexagone représentent 10% des études internationales. Avec en première position… la lutte contre le cancer. Une priorité pour garder le cap : renforcer la position de la France sur les marchés européen et mondial.


La recherche clinique en France est-elle en bonne santé ? Pour répondre à cette question, direction la 8ème enquête du Leem* consacrée à ce sujet et publiée ce 28 février. Mené entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2015 à partir de 507 études, ce travail conforte la France au rang des bons élèves.


Des essais cliniques en hausse de 14%


Sur cette période, 16 622 patients ont été recrutés dans les essais cliniques menés par les 30 industriels figurant dans l’enquête. Contre 14 634 en 2014. Une augmentation notable de 14%. Autre donnée, les patients français inclus dans un essai représentent 8,8% des volontaires à l’échelle mondiale. Contre 5,9% en 2014. Une « augmentation en partie due au plus grand nombre d’études cliniques de phases III et IV menées en France ».


Cancers, maladies rares, neurologie ?


Mais quelle discipline est la plus fructueuse ? La filière en onco-hématologie, acteur de poids dans les études phase I, « apparaît comme l’un des leviers-clé de l’attractivité de la France pour la recherche clinique internationale ». L’infectiologie et les maladies rares sont elles aussi bien positionnées. En milieu de tableau on trouve les maladies cardiovasculaires, les troubles métaboliques et l’immuno-inflammation. Les disciplines les plus en reste concernent la recherche cérébrale : la neurologie et la psychiatrie. Selon l’enquête du Leem toujours, « il serait plus difficile de recruter des patients volontaires dans ces deux domaines ».


Plus de visibilité à l’échelle internationale


De bons résultats donc. Mais la France doit gagner en épaisseur pour mieux se positionner à côté des acteurs mondiaux. Et notamment faire face à la concurrence ascendante de l’Europe de l’Est. La stratégie, optimiser le système de développement de médicaments et élargir le champ de recherche. Aujourd’hui en effet, des failles perdurent : certaines disciplines sont de plus en plus à la marge, les essais de phase I ne cessent de diminuer « dans les domaines thérapeutiques autre que l’onco-hématologie ».


Autre levier d’action, réduire les délais du développement thérapeutique encore trop longs qui pénalisent la France surtout sur le marché européen. Mais comment ? En appliquant plus scrupuleusement la loi Jardé du 5 mars 2012 instaurant le cadre de « recherches impliquant la personne humaine ». Et l’année prochaine, il s’agira de mettre en pratique la convention limitant les délais d’évaluation et d’autorisation administrative à 60 jours, mesure prévue à l’automne 2018.


A noter : de 2014 à 2015, le nombre moyen de patients inclus par étude en France est passé de 23 à 24. L’Allemagne reste en tête en passant de 38 à 49 patients.


*Les entreprises du médicament