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Violences contre les migrantes : appel à l’ouverture de centres d’accueil dédiés

Santé Publique

Prostitution imposée, viols, violences conjugales font partie du voyage de près de trois quart des migrantes. C’est le calcul de Gynécologie sans frontières (GSF), une ONG dédiée à prendre soin des femmes et de leurs enfants, qu’elles soient victimes de violences, enceintes ou en détresse. Et ces violences ne s’arrêtent pas à la frontière française. Dans notre pays, ces femmes subissent encore des agressions au sein des camps de réfugiés. Voilà pourquoi GSF lance, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, un appel aux pouvoirs publics, pour qu’ils ouvrent en urgence des centres d’accueil dédiés aux femmes et aux enfants.


Au moins 70% des migrantes auraient subi des violences dans les camps ou sur leur parcours migratoire. « Les victimes sont pour la plupart complètement isolées. Nombre d’entre elles sont obligées de vendre leur corps pour payer les passeurs. Les plaintes sont très rares, les victimes subissant, des pressions de la part des passeurs, voire de personnes de la communauté au sein des camps », détaille Gynécologie sans frontières (GSF). Or en France, « la destruction des camps conduit les femmes et les mineurs à un isolement plus important les rendant encore plus vulnérables aux violences ».


Résultat, « à chaque ‘démantèlement’, nous observons une recrudescence de violences sexuelles et de demandes d’IVG », poursuit GSF. « Ces femmes souffrent de multiples complications : stress post traumatiques, douleurs physiques et morales, grossesses non désirées, avortements, infections… »


Parcours du combattant du dépôt de plaintes


A cette souffrance s’ajoute une double peine. « Les dépôts de plaintes au commissariat sont un véritable parcours du combattant pour les victimes, même quand elles sont accompagnées par GSF », poursuit l’ONG. « Chaque tentative de dépôt de plainte prend une dizaine d’heures sans certitude d’aboutir. Rien n’est fait pour aider, tout semble fait pour empêcher, freiner le dépôt de plainte, avec des allers-retours aussi fréquents qu’inutiles entre les commissariats et les unités de médecine légale. »


Pour lutter contre cette situation déplorable, GSF a ouvert un « refuge de mise à l’abri d’urgence » en novembre 2016. Ce refuge pouvant accueillir 4 à 6 personnes, permet à la victime de se poser, pendant 2-3 jours. Le temps d’organiser la prise en charge médico-psycho-sociale, judiciaire et de trouver un hébergement où la victime sera en sécurité, ailleurs que dans les « jungles », où elle a subi ces violences. Mais cela ne suffit pas.


Pour améliorer la sécurité des femmes et des mineurs isolés, l’ONG demande en urgence que soient ouverts des centres d’hébergement pour les femmes et les enfants. « Le centre d’hébergement des femmes Jules Ferry à Calais, de 400 places, inutilisé depuis octobre 2016, doit être ré-ouvert », martèle-t-elle.