Cannabis : quel impact sur le cerveau des ados ?

Le cannabis fait partie de la famille des psychotropes. Il exerce donc une action au niveau du cerveau à travers sa substance active, le THC ou tétrahydrocannabinol. Sa concentration varie selon les produits mais c’est bien ce THC qui cible des récepteurs neuronaux. Pour quels impacts sur un cerveau en maturation comme celui des ados ?

Les récepteurs cannabinoïdes sont appelés CB1. Certaines parties du cerveau en abritent un grand nombre. C’est particulièrement le cas de l’hippocampe, du cervelet, des noyaux gris centraux et encore du cortex cérébral. Nombreuses fonctions. En conséquence, comme le précise le Dr Olivier Phan, dans l’ouvrage ‘Jeux vidéo, alcool, cannabis’, le cannabis va affecter les fonctions en lien avec ces sites cérébraux. A savoir « l’apprentissage, la mémoire, la coordination, le jugement, le plaisir, la dépendance… ». Problème, le cerveau adolescent présente la particularité d’être dans un état de transition et de remodelage qui le rend encore plus vulnérable aux effets neurotoxiques des substances et à l’apparition de maladies mentales. Une zone du cerveau, le cortex préfrontal, qui permet la prise de décision, le jugement, la planification et la résolution de problèmes est plus particulièrement concernée par cette maturation à l’adolescence (qui se poursuit jusqu’à environ 25 ans). Elle est d’autant plus sensible aux effets des drogues qu’elle n’est pas encore développée. Notons par ailleurs que de nombreuses études ont déjà montré que l’exposition au cannabis à l’adolescence augmente la vulnérabilité aux troubles psychotiques, en particulier les troubles schizophréniques, à l’âge adulte. Emotion et mémoire. Le Dr Phan ajoute que « l’utilisation du cannabis peut ainsi changer la façon dont les gens traitent les émotions. Elle peut intensifier les états d’humeur positifs et négatifs, réduire les capacités à reconnaitre, à traiter et à avoir conscience des émotions (diminution de l’empathie), notamment par son impact sur certaines parties du cerveau sous-cortical ». C’est-à-dire situées en dessous du cortex cérébral comme c’est le cas de l’hippocampe par exemple. A distance. De la même façon, « sans en avoir vraiment conscience (…), l’adolescent trouve dans la consommation de cannabis une façon de mettre à distance, de ne plus ressentir ce qui est pénible et douloureux pour lui ». Voilà qui peut le soulager un instant « mais qui ne lui permet pas de développer d’autres stratégies de gestion des émotions », conclut le médecin.

Source : Jeux vidéo, alcool, cannabis, Prévenir et accompagner votre ado, Dr Olivier Phan, Solar Editeur©Destinationsante.com 2018 https://destinationsante.com/le-conseil-scientifique