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Acide sulfurique fumant

De formule H2SO4, l'acide sulfurique, déjà connu des alchimistes sous le nom d'huile de vitriol, est préparé industriellement depuis le XVIIIe siècle. Cet acide se présente sous forme d'un liquide épais et incolore, qui entre en ébullition à une température de 290° C, ce qui provoque sa décomposition. Il en résulte un mélange qualifié d'azéotrope (mélange liquide qui bout à une température fixe, tout en gardant une composition fixe) à 98% dont les caractéristiques sont :
* température d'ébullition 320° C ;
* densité 1,84, soit presque deux fois plus que l'eau car 1 litre a une masse de 1,84 kg ;
* concentration 66° B (les degrés Baumé expriment la concentration d'un acide) ; c'est sous cette forme qu'il est commercialisé.

Comme tous les acides forts, il faut, pour le diluer, le verser lentement dans l'eau, et ne jamais verser l'eau dans l'acide, ce qui peut provoquer de violentes projections très dangereuses.
L'acide sulfurique intervient dans de très nombreuses réactions chimiques et entre dans la fabrication d'un nombre important de produits : cristaux déshydratants, lessives et décapants, textiles synthétiques, engrais, explosifs, entre autres. C'est aussi lui qui constitue l'électrolyte des batteries des véhicules (accumulateurs au plomb).

Lors de la préparation, on utilise le trioxyde de soufre SO3, obtenu en chauffant des sulfates. Selon la quantité de SO3 utilisée, on obtient l'acide sulfurique "normal", l'acide sulfurique concentré ou l'acide sulfurique fumant, connu aussi sous le nom d'oléum. Ces derniers produits réagissent violemment avec l'eau en dégageant une très importante quantité de chaleur (réaction exothermique), ce qui explique qu'ils peuvent provoquer de très graves brûlures au contact avec la peau. À l'INRS (Institut National de Recherches et de Sécurité), l'acide sulfurique est répertorié (et consultable) sur la fiche FT 30.
© G. Dolisi