Cannabis : la mémoire de nos jeunes en danger  Medelli
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Cannabis : la mémoire de nos jeunes en danger

« Je suis détendu(e) et beaucoup plus inspiré(e) »… votre ado saura vous convaincre de ces effets lorsqu’il ou elle fume un joint. Mais sur un cerveau en pleine maturation, les séquelles du cannabis sont réelles. Consommé précocement, le cannabis altère la mémoire des adultes en devenir.

Les premiers joints provoquent chez les adolescents « une stimulation cérébrale accrue par rapport aux non consommateurs », expliquent des scientifiques de l’Université de Dallas dans la revue PNAS. Au début, aucun trouble de l’apprentissage ni de la mémoire ne sont rapportés chez le jeune. Mais cette impression agit comme un masque bien moins réjouissant pour l’avenir. En effet, « six à huit ans après la première prise, le câblage entre les neurones est fortement endommagé si l’adolescent fume régulièrement ».

L’effet bombe à retardement 

Selon des scientifiques de Chicago* cette fois, « une consommation quotidienne pendant l’adolescence d’une durée d’au moins 3 ans augmente le risque de troubles de la mémoire sur le long terme ». Cette capacité est diminuée de 18% entre ces fumeurs précoces et les abstinents. D’ailleurs, l’analyse de clichés réalisés par IRM laissait apparaître de nettes anomalies de l’hippocampe, siège de la mémoire. Et les carences d’apprentissage ne sont pas sans séquelle. Selon une étude néo-zélandaise et anglo-saxonne publiée dans le PNAS**, une consommation chronique de cannabis initiée à l’adolescence peut diminuer le quotient intellectuel à l’âge adulte de 8 points. Une intervention précoce est importante pour préserver la mémoire de nos jeunes : en fumant ses premiers joints, votre ado augmente le risque d’entrer dans la dépendance. Comme chaque source de plaisir, « aller au-delà de soi est toujours une expérience marquante » qui donne l’envie de recommencer. Même si, bien sûr, « tous les usages ne conduisent pas à la dépendance ou à la perte de contrôle ». Et que « tous les consommateurs d’une substance n’en sont pas dépendants ».

Source :Interview de Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction et psychologue clinicien dans un CSAPA (Centre de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie). Co-auteur de l’ouvrage « Adolescents et cannabis, que faire ? » avec Aude Stehelin et Muriel Lascaux, Editions Dunod, 19,50 euros – Octobre 2017 ;« Adolescents et cannabis, que faire », Jean-Pierre Couteron, Muriel Lascaux, Aude Stehelin, Edition Dunod *Northwestern University **Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences ©Destinationsante.com 2018 https://destinationsante.com/le-conseil-scientifique
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Mon enfant consomme de l'alcool : comment puis-je l'aider ? Medelli
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Mon enfant consomme de l'alcool : comment puis-je l'aider ?

La consommation d’alcool des adolescents se déroule généralement dans un cadre festif et de manière ponctuelle, et est associée à un phénomène de groupe et un effet d’entraînement. Les conséquences de cette alcoolisation peuvent être dramatiques.

Quels sont les risques pour mon enfant ?

Les risques de l’alcoolisation et de l’ivresse sont liés à la désinhibition, la perte du contrôle de soi, la baisse des réflexes, etc. Le premier risque est le risque routier, que votre enfant soit conducteur d’un deux-roues, passager d’un véhicule conduit par un ami ivre ou qu’il se déplace à pied avec une vigilance amoindrie. L’alcool est également responsable d’accidents domestiques, d’agressions physiques ou sexuelles, ou de rapports sexuels non protégés.

Quelles sont les pratiques les fréquentes et les plus dangereuses ?

  • La « biture express » (équivalente du « binge drinking » des Anglo-Saxons) qui consiste à boire le plus possible en un minimum de temps est particulièrement dangereuse. L’ivresse peut s’accompagner de vomissements, de pertes de mémoire ou de délires. Lorsque la concentration d’alcool dépasse deux grammes par litre de sang, votre enfant risque le coma éthylique, potentiellement fatal s’il n’est pas pris en charge (langue qui chute au fond de la gorge, étouffement dû à des vomissements, arrêt des fonctions vitales). Si un adolescent perd connaissance après avoir bu, il doit être allongé sur le côté en s’assurant que sa bouche et son nez soient bien dégagés. Appelez le Samu (15) et couvrez-le.

  • L’association à des boissons énergisantes diminue la perception des effets de l’alcool et favorise une consommation excessive et la prise de risques.

  • Les mélanges de soda et d’alcool fort (Prémix, Alcopops, Prêts A Boire) présentent également des dangers spécifiques liés à leur forte concentration en sucre (augmentation du risque de coma) ou en édulcorants (augmentation du taux d’alcoolémie).

  • La consommation concomitante deplusieurs substances (alcool, médicaments, cannabis ou autres substances illicites) amplifie l’effet de chacune d’elles et augmente leurs risques.

Comment puis-je aider mon enfant ?

Il est important d’être vigilant et de ne pas banaliser la consommation d’alcool de votre enfant. Parlez-en avec lui, sa consommation ne doit pas être taboue. Vous devez le sensibiliser aux risques de sa consommation, immédiats (accidents de la route, violence, risque sexuel) et à long terme (impact possible sur son cerveau en cours de développement). Aidez-le à développer un esprit critique et à savoir résister à la pression du groupe. Mettez-le en garde contre les produits très attractifs pour les jeunes associant l’alcool à des boissons énergisantes ou des sodas.

Vous pouvez impliquer d’autres adultes, la famille ou les amis, ainsi que les jeunes eux-mêmes dans la surveillance des soirées.

Vous pouvez également donner des conseils :

  • Manger avant de boire.

  • Décider à l’avance du nombre maximum de verres à boire et essayer de s’y tenir.

  • Boire également de l’eau et alterner les boissons alcoolisées avec les non alcoolisées.

  • Ne jamais rester seul.

  • Organiser à l’avance un retour de soirée sans risque, pris en charge par une personne abstinente.

Quand doit-il consulter ?

Une consommation régulière, des ivresses très fréquentes ou du type « biture express » doivent être prises au sérieux et nécessitent une consultation chez un généraliste ou un pédopsychiatre.

Des structures spécifiques peuvent également prendre en charge votre enfant :

  • Les Consultations jeunes consommateurs : elles s’adressent aux jeunes consommateurs de substances psychoactives, dont l’alcool.

  • Les Centres Médico-Psychologiques (CMP) : ils proposent une prise en charge des difficultés psychologiques.

De nombreux lieux peuvent accueillir votre enfant. Il y trouvera une écoute, un soutien, des informations et des conseils de prévention. L’accès est libre, gratuit et anonyme.

  • Les Points Accueil Écoute Jeunes (PAEJ).

  • Les Espaces Santé Jeunes (ESJ).

  • Les Maisons de l’adolescent.

L’ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) intervient auprès des jeunes dans les écoles primaires, les collèges et les lycées.

Votre enfant peut également appeler Filsantéjeunes au 3224 ou au 01 44 93 30 74, de 8 heures à minuit.

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Quels sont les indices pour savoir si votre ado fume du cannabis ? Medelli
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Quels sont les indices pour savoir si votre ado fume du cannabis ?

En 2017, près de quatre adolescents de 17 ans sur dix (39,1%) affirmaient avoir déjà fumé du cannabis au cours de leur vie. Et 7,2% étaient des consommateurs réguliers. D’après l’enquête ESCAPAD 2017, ces proportions sont en baisse en France. Et si vous abordiez la question avec votre ado ? En attendant, quelques signes peuvent vous mettre sur la piste…

Lesquels ? « Les mêmes que pour la cigarette », souligne la psychologue Valérie Foulonneau. A savoir, notamment « une odeur caractéristique sur les vêtements ou les cheveux. Mais aussi une mauvaise haleine qui tente d’être masquée par une consommation de bonbons à la menthe ». Yeux rougis. Comme l’exprime le Dr Olivier Phan, dans un ouvrage intitulé ‘Jeux vidéo, alcool, cannabis’, « la découverte se fait souvent de manière fortuite ». Les parents peuvent bien sûr tomber directement sur le morceau de résine. Il cite aussi le fait de trouver « des bouts de cartons, de grandes feuilles OCB, de petits appareils à égrener ». Parmi les signes d’une consommation, il évoque les yeux rougis car « le cannabis irrigue les conjonctives ». Mais aussi le fait qu’il esquive le regard de ses parents et se rue sur le frigo en rentrant. Les Américains parlent de munchies, « ces fringales occasionnées par la prise de résine ». Et l’argent ? Le médecin rappelle également que « la consommation de cannabis nécessite de l’argent ». Autrement dit, interrogez-vous s’il vous demande des rallonges sur son argent de poche ou si vous constatez régulièrement que des sommes d’argent liquide ne sont plus à l’endroit où vous les aviez laissées. Attention en berne. Dernier point : « une chute des résultats scolaires et la survenue de troubles répétés de l’attention peuvent aussi constituer des indices », reprend la psychologue. Sans oublier le fait que « l’ado peut aussi prendre de la distance avec sa famille et qu’il se coupe de ses activités habituelles. S’ils ne sont pas des signes caractéristiques d’une consommation régulière de cannabis, ils doivent alerter. »

Source : Interview de Valérie Foulonneau, 16 mars 2018 – Enquête ESCAPAD 2017, OFDT – Jeux vidéo, alcool, cannabis, Prévenir et accompagner votre ado, Dr Olivier Phan, Solar Editeur©Destinationsante.com 2018 https://destinationsante.com/le-conseil-scientifique
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Cannabis : quel impact sur la santé des ados ? Medelli
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Cannabis : quel impact sur la santé des ados ?

De par son action au niveau de plusieurs zones cérébrales, le cannabis entraîne de nombreux effets dits « neuro-psycho-biologiques ». Mais pas seulement. Des risques psychiatriques sont aussi évoqués. De quels types ?

Apprentissage, mémoire, jugement, coordination, gestion des émotions : à travers le THC, sa substance active, le cannabis affecte de nombreuses fonctions. C’est pourquoi, sa consommation régulière est particulièrement incompatible avec la capacité de conduire des études au long cours. Conduite à risque. Il a déjà été démontré que dans les heures qui suivent l’usage de cannabis, les troubles cognitifs observés concernent l’attention, le temps de réaction, la mémoire de travail, et les fonctions exécutives. Par ailleurs, selon l’Inserm, « il existe une corrélation significative entre l’usage et divers « passages à l’acte » (tentatives de suicide, boulimie, comportements sexuels à risque…) dus à la levée de l’inhibition comportementale. » Au niveau du sommeil, surtout s’il est consommé en utilisation prolongée ou à forte dose, le cannabis « accélère l’endormissement, augmente le temps de sommeil léger au détriment du temps de sommeil profond et paradoxal », souligne le Dr Olivier Phan, dans son livre intitulé ‘Jeux vidéo, alcool, cannabis’. Attaque de panique. Il cite également des études épidémiologiques selon lesquelles cette substance serait associée à des risques psychiatriques. « Une consommation aiguë peut entraîner des états d’angoisse type attaque de panique (tremblements, sueur, tachycardie, impression d’étouffement…) et des symptômes psychotiques (visions hallucinations, illusions…) ». Schizophrénie… Des travaux confirment par ailleurs « l’hypothèse d’un effet précipitant du cannabis dans la schizophrénie chez certains sujets ». Enfin, « en cas de pathologie psychiatrique avérée, la prise de cannabis aggrave les processus pathologiques, fait décompenser les situations, rend plus difficiles les soins », conclut le médecin.

Source : Enquête ESCAPAD 2017, OFDT – Jeux vidéo, alcool, cannabis, Prévenir et accompagner votre ado, Dr Olivier Phan, Solar Editeur©Destinationsante.com 2018 https://destinationsante.com/le-conseil-scientifique
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