ApoE2

On a déterminé 5 groupes différents d'apolipoprotéines (Syn. : apoprotéine) : A, B, C, D et E. Au cours d'un bilan lipidique, on dose entre autres les apolipoprotéines A1 (apo-A1) et les apo-B. Les apo-A1 sont la fraction protéique majeure des HDL (High density lipoprotein). Les HDL représentent le "bon" cholestérol. Les apo-B, à l'inverse, représentent la fraction protéique majeure des LDL (Low density lipoprotein) "athérogènes". Si le taux d'apo-A1 est bas et celui d'apo-B élevé, le rapport B/A1 est lui aussi élevé et le risque cardiovasculaire est d'autant plus important qu'il dépasse 1,39.

* En effet, si l'augmentation des Apo-A1 n'apporte pas un facteur de protection, sa diminution provoque un risque cardiovasculaire important. Explications : L'apo-A1 intervient dans la captation des HDL par le foie et, en activant la LCAT (lécithine cholestérol acétyltransférase), elle joue un rôle structural majeur dans la synthèse des HDL. Peu d'Apo-A1 produit donc peu de HDL et on a constaté qu'un déficit du gène de l'apo-A1 provoque l'absence de synthèse des HDL. Les valeurs pour un risque cardiovasculaire faible sont ≥ 1,40 g/L chez l'homme, ≥ 1,60 g/L chez la femme.

* En ce qui concerne les apo-B, leur dosage donne une bonne idée du nombre de particules (donc de LDL) présentes dans le système vasculaire. Leur augmentation provoque donc celle, directement proportionnelle de LDL, donc le risque de formation d'athérome. Les valeurs pour un risque cardiovasculaire faible sont inférieures à 0,9 g/L.

* Un exemple de calcul 
- Avec des valeurs "faible risque" : Apo-A1 : 1,40 g/L ; Apo-B : 0,9 g/L ; le rapport B / A1 = 0,9 / 1,40 = 0,64
- Avec des valeurs pathologiques : Apo-A1 : 0,6 g/L ; Apo-B : 1,55 g/L ; le rapport B / A1 = 1,55 / 0,6 = 2,58.

En ce qui concerne les apo-E, ce sont essentiellement des transporteurs de cholestérol et de phospholipides et ils permettent de ce fait d'alimenter les cellules de l'organisme en cholestérol et en phospholipides. C'est ce qui explique qu'ils interviennent dans la restructuration ou la réparation des membranes neuronales (donc des cellules nerveuses, dans lesquelles on trouve essentiellement des phospholipides et du cholestérol).
On connaît aujourd'hui 3 formes d'apo-E (E2, E3 et E4), issues de 3 allèles du gène qui code l'apo-E (sur le chromosome 19) : e2, e3 et e4. On a constaté (dans des études publiées en 1993) que l'allèle e4, donc l'apo-E4, est environ 4 fois plus présent (20%) chez les personnes atteintes de la MA (maladie d'Alzheimer) que chez les non malades (environ 5%). Des études récentes ont montré que les porteurs de e2 ont moins de cholestérol sanguin, alors que ceux qui ont l'allèle e4 présentent une hypercholestérolémie. À signaler également le fait que les apolipoprotéines sont reconnues par des récepteurs de la membrane cellulaire, ce qui permet leur passage de part et d'autre de cette membrane.

Pour simplifier : * l'allèle e4 (Apo-E4) représente un réel facteur de risque pour les MCV (maladies cardiovasculaires) et la MA, même si elle est neuroprotectrice (car c'est la moins active dans cette protection, de toutes les apolipoprotéines E et les porteurs de E4 réparent moins bien leurs cellules nerveuses que les autres), car elle favorise la formation de plaques séniles en favorisant l'agrégation du peptide Aß ou peptide amyloïde bêta). * l'allèle e2 (Apo-E2) par contre, représente une réelle protection contre les MCV et la MA.
© G. Dolisi