Appareil manducateur

L'appareil manducateur désigne tous les organes qui interviennent dans l'alimentation avant le passage du bol alimentaire dans l'œsophage. Il comprend les arcades dentaires et leur support osseux, maxillaire et mandibule, les muscles manducateurs ou masticateurs, l'articulation temporomandibulaire, la langue, le palais, les glandes salivaires.

* Les arcades dentaires. [Angl. : Dental arch] N. f. * arcade : du latin arcum, accusatif de arcus, en forme d'arc ; * dentaire : du latin dens, dentis [dent(o)-, dentin(o)-, -dental], dent et, par analogie, ce qui a la forme d’une dent. 
L'arcade dentaire est formée par toutes les dents de la mandibule (mâchoire inférieure) ou toutes les dents du maxillaire (mâchoire supérieure), dans leur position normale. Depuis plusieurs années, on a attribué aux dents une numérotation internationale. Les maxillaires sont divisés en quatre cadrans, 1 désigne le cadran supérieur droit, 2 le cadran supérieur gauche, 3 pour le cadran inférieur gauche, 4 pour le cadran inférieur droit.
Dans chaque cadran, les dents sont numérotées de 1 à 8 en partant du milieu jusqu'au fond de la cavité buccale. La numérotation se fait à deux chiffres : le premier chiffre indique le cadran, le deuxième la dent elle-même. C'est ainsi que la dent 33 est la canine inférieure gauche, et la dent 46 la première molaire inférieure droite.

* Le maxillaire supérieur. [Angl. : Maxilla] N. m. * maxillaire : du latin maxilla [maxill(o)-, -maxillaire], mâchoire ; * supérieur : du latin super, au-dessus, sur, qui indique une position au-dessus d’une autre. 
À l'appellation maxillaire supérieur, on préfère aujourd'hui le nom de maxillaire (par opposition à la mandibule que l'on appelait maxillaire inférieur. Le maxillaire est formé par deux os maxillaires délimitant les fosses nasales et s'unissant au niveau de leur partie inférieure pour former la voûte palatine. Ils font aussi partie du plancher des cavités orbitaires et se situent au centre du massif facial. Les bords inférieurs de ces os maxillaires portent l'arcade dentaire supérieure.
Chacun des deux maxillaires est creusé d'une cavité ou sinus maxillaire. Le nerf maxillaire est une branche terminale du nerf V ou nerf trijumeau ou 5e paire de nerfs crâniens. C'est un nerf mixte (sensitif et moteur) qui se divise en plusieurs branches : méningé moyen, orbitaire, dentaire postérieur et dentaire antérieur.

* La mandibule. [Angl. : Mandible, mandibula] N. f. * mandibule : du bas latin mandibula ou du latin classique mandere, mâcher ; se rapporte à la mandibule, mâchoire inférieure de l’homme et des vertébrés. 
La mandibule, connue aussi sous le nom de maxillaire inférieur, est formée par deux demi-mandibules qui sont soudées à l'avant en formant la symphyse mentonnière. À l'arrière de cette symphyse, donc du côté de la cavité buccale ou linguale, on distingue 4 éminences ou apophyses, que l'on appelle les geni apophyses (certains auteurs écrivent géni) ou apophyses géniennes, deux supérieures qui servent d'insertion aux muscles génioglosses et deux inférieures qui permettent l'insertion des muscles géniohyoïdiens.
Les adjectifs génien et génienne caractérisent ce qui se rapporte au menton. Il arrive souvent que ces apophyses soient plus ou moins soudées. Comme le maxillaire supérieur, la mandibule présente 4 incisives à bord tranchant, puis 2 canines plus ou moins pointues, 4 prémolaires à couronne bicuspide et 6 molaires à couronne multicuspide. Soit un total de 16 dents par maxillaire et 32 en tout. Le nerf mandibulaire est un nerf mixte, c'est-à-dire qu'il possède des fibres qui conduisent les influx nerveux sensitifs et des fibres qui conduisent les influx nerveux moteurs. Il constitue la branche terminale du nerf trijumeau ou nerf V (5e paire de nerfs crâniens), nerf sensitif de la face et nerf moteur des muscles masticateurs.

* Les muscles manducateurs ou masticateurs.  [Angl. : Manducator muscle] N. m. * muscle : du latin musculus [muscul(o)-, -musculaire], petite souris, relatif au muscle et à ses fibres irritables et contractiles assurant les mouvements ; * manduc(a)- : du latin manducatio, action de manger, dérivé de manducare, mâcher, manger ; * ateur, atrice, atoire : du latin atio, ationis [-ation, -ateur], suffixe nominal, qui transforme une racine en nom, ou un verbe (et son sujet) en un substantif (nom d’agent ou d’instrument, nom de personne exerçant une action, un métier, etc.). 
La mastication est un ensemble de mouvements compliqués de la mandibule mobile par rapport au maxillaire fixe, qui résulte de l'action coordonnée de plusieurs muscles.
- Des muscles élévateurs comme le muscle masséter, pair, qui s'insère sur l'arcade zygomatique et sur la face externe de la branche mandibulaire (la partie montante de la mandibule), au niveau de l'angle, le muscle temporal, pair, qui s'insère sur la face latérale du crâne et sur la branche montante de la mandibule, le muscle ptérygoïdien médial, pair, inséré sur le processus ptérygoïde du sphénoïde et sur la face interne profonde (ou médiale) de la mandibule.
- Des muscles abaisseurs, moins nombreux car l'abaissement de la mandibule peut se faire sous la simple force de la gravité : muscle digastrique, pair, qui doit son nom au fait qu'il a deux "ventres". Inséré au processus mastoïde du temporal et sur la face interne de la mandibule au niveau de la symphyse mentonnière, il passe par des anneaux fibreux de l'os hyoïde ; même rôle abaisseur pour le muscle mylohyoïdien, pair, qui s'insère au niveau de l'os hyoïde et de la face médiale de la mandibule et pour le muscle géniohyoïdien.
- Des muscles pour la propulsion - rétropulsion (mouvements d'avant en arrière), comme le ptérygoïdien latéral qui s'insère au niveau du col du condyle de la mandibule.
- Des muscles diducteurs pour la diduction (mouvements latéraux de la mandibule), comme le muscle temporal et le muscle digastrique.

* L'articulation temporomandibulaire. [Angl. : Temporomandibular joint - TMJ] N. f. * articulation : du latin articulus [articul(o)-, -articulaire], articulation ; * temporo- : du latin tempula (de tempora) [temp(o)-, -temporal], temple - partie latérale de la tête comprise entre l’œil, le front, l’oreille et la joue ; * mandibul- : du bas latin mandibula ou du latin classique mandere, mâcher ; se rapporte à la mandibule, mâchoire inférieure de l’homme et des vertébrés ; * aire : du suffixe -aire d’origine latine, servant à former un substantif ou un adjectif à partir d’une racine. 
L'articulation temporomandibulaire (ancienne orthographe temporo-mandibulaire - ATM) est qualifiée de diarthrose bicondylienne, car il s'agit de deux articulations qui fonctionnent de façon synchrone. Comme celle du genou, elle présente la particularité de posséder un disque fibrocartilagineux, parfois appelé ménisque, attaché au condyle mandibulaire par des ligaments qui le rendent totalement solidaire des mouvements du condyle.
Sa forme concavoconvexe lui permet de s'adapter à la fois à la cavité glénoïde et au versant antérieur du condyle. Quand le condyle fait un mouvement vers l'avant avec basculement, le disque suit parfaitement ce déplacement, comme dans les mouvements de propulsion rétropulsion ou de diduction. L'existence de ce disque partage l'articulation en deux unités : une articulation temporodiscale et une articulation discomandibulaire.
Les deux surfaces, du condyle mandibulaire et de la cavité glénoïde ou fosse mandibulaire temporale, sont recouvertes de cartilage articulaire, et les structures de cette ATM sont entourées par une capsule, tapissée de la synoviale. À noter que, au niveau du condyle mandibulaire, seul le versant antérieur est articulaire.

* La langue. [Angl. : Tongue] N. f. * langue : du latin lingua [langage, langue, -lingual], relatif à la langue. 
La langue est un organe musculeux qui permet la déglutition. Elle est responsable de la perception des saveurs amer, acide, sucré et salé. Cette perception se fait grâce à des petites saillies ou papilles linguales qui contiennent les bourgeons gustatifs. On distingue en fait plusieurs sortes de papilles linguales, en fonction de leur forme : papilles caliciformes (donc en forme de calice), les plus grandes, papilles fongiformes (en forme de champignon), papilles filiformes et papilles foliées, rares et rudimentaires chez l'homme.

* Le palais. [Angl. : Palate, Osseous palate, Hard palate] N. m. * palais : du latin palatum [palat(o)-], voûte du palais, relatif au palais. 
Le palais (ou la voûte palatine) est la partie supérieure de la cavité buccale, formé essentiellement du palais osseux ou palais dur et, à l'arrière, du palais mou ou palais musculomembraneux ou voile du palais, musculaire et membraneux qui se termine par la luette. Il sépare la cavité buccale des fosses nasales.
Le palais osseux est formé par les deux os maxillaires supérieurs et les deux os palatins. Le palais mou se termine au centre par la luette et, de chaque côté, par un pilier antérieur et un pilier postérieur, entre lesquels se trouve une amygdale. Il a un rôle essentiel dans la déglutition en fermant l'orifice des fosses nasales et en empêchant ainsi le reflux du bol alimentaire et des aliments vers les fosses nasales.
En même temps, l'épiglotte ferme l'orifice de la trachée, de sorte que les aliments n'aient plus qu'une issue possible : l'œsophage.

* Les glandes salivaires. [Angl. : Salivary gland, Parotid gland, Submaxillary gland submandibular gland, Sublingual gland, Oral gland] N. f. * glande : du latin glandula, de glans, glandis, gland ; en médecine, une glande est un organe destiné à élaborer certaines substances à l’extérieur du corps ou dans le milieu intérieur ; * salivaire : du latin saliva [salivaire, salive], liquide visqueux produit par les 3 paires de glandes (salivaires) de la bouche. 
Nous avons 3 paires de glandes salivaires (ou glandes orales) : les parotides, les sous-maxillaires et les sublinguales. La salive contient essentiellement de l'eau, mais aussi des électrolytes (surtout chlore, sodium, potassium), une enzyme digestive : la ptyaline qui commence à agir sur les amidons, un peu de mucus, entre autres. Ses fonctions essentielles sont l'humidification des aliments pour former le bol alimentaire, mais aussi de la bouche, facilitant par la même occasion la phonation, la mastication et la déglutition.
© G. Dolisi