Appétence

Comme le mot appétit, les mots appétence, appétition, appétibilité et le verbe appéter ne sont souvent mis en relation qu'avec l'alimentation : l'appétit et l'appétence sont des désirs de s'alimenter, de manger, alors qu'ils ont un sens plus général. On peut avoir de l'appétit ou de l'appétence pour bien d'autres choses que des aliments, sachant que ces termes signifient aussi "avoir envie de".
Je cite un dictionnaire : "Satisfaire ses appétits naturels. L'appétit de possession des exploiteurs n'aura jamais de limites. Une femme appétissante dont la fraîcheur et les formes provoquent une attirance sexuelle."
Il en va de même de l'inappétence (du préfixe latin in-, privé de, indique aussi le contraire, la négation ; selon les mots, ce préfixe peut aussi signifier « aller vers ») qui signifie le manque d'appétit (syn. anorexie), voire un dégoût pour les aliments, mais aussi un affaiblissement du (des) désir(s) : sexuel, désir de possession...

Aspect physiologique de l'appétit : les sensations de faim et de satiété dépendent de nombreux facteurs, dont la prise d'aliments, les rythmes des repas, les dépenses énergétiques, l'âge, l'activité, les stocks de lipides, la glycémie ... Il y a donc une quantité d'informations qui arrivent au cerveau. C'est l'hypothalamus qui contrôle le bilan énergétique et la prise d'aliments, et en particulier le noyau arqué. Il reçoit et envoie des signaux d'appétence, qui donnent naissance à la sensation de faim et de satiété ou sensation d'être repus avec suppression du désir de manger.
Dans ce noyau arqué, il existe deux types de neurones aux fonctions antagonistes :
* un groupe de neurones libère le NPY ou neuropeptide Y, un puissant stimulant de l'appétit.
* L'autre libère les mélanocortines, dont l'hormone stimulant les mélanocytes ou MSH ou hormone mélanotrope, qui freine l'appétit. Les adipocytes, cellules qui stockent les triglycérides, sécrètent la leptine, hormone fondamentale de la régulation du poids corporel. Elle diminue l'appétit et agit simultanément, au niveau de l'hypothalamus, sur le NPY et sur les mélanocortines.
© G. Dolisi