Artère vertébrale céphalopète

L'écho-Doppler du cou et de la tête a pour but de repérer une sténose (1) artérielle ou une occlusion, ou une dissection artérielle (2), toute pathologie susceptible de provoquer un ralentissement de la circulation artérielle dans l'encéphale.
Le risque essentiel est donc une ischémie artérielle transitoire ou pire, un arrêt de la circulation dans une ou plusieurs artères, avec comme conséquence immédiate un AVC ou accident vasculaire cérébral ou infarctus cérébral. On observe un flux rétrograde (donc inversé et que l'on peut qualifier de céphalofuge) dans l'artère vertébrale droite en cas de sténose ou d'occlusion dans la veine subclavière (ou sous-clavière) droite et/ou dans le tronc brachiocéphalique, alors que le flux normal ou antérograde peut être qualifié de céphalopète.
Pour l'artère vertébrale gauche, il y a aussi une circulation rétrograde si la sténose se situe dans la veine subclavière gauche. L'expression "vertébrales céphalopètes" signifie donc que l'écho-Doppler n'a pas mis de sténose en évidence.

(1) * sténose : du grec stenosis [stén(o)-, -sténose], rétrécissement d’un conduit ou d’un organe naturel.
Une sténose est un rétrécissement d'un canal, d'un vaisseau ou d'un orifice naturel. La sténose peut affecter de nombreux organes : sténose veineuse ou artérielle, sténose de l'intestin, du cardia, du pylore etc. Au niveau d'un orifice, la sténose est souvent provoquée par une hypertrophie du muscle sphincter ou par le développement d'une tumeur. Adj. : sténosé : qui présente un ou plusieurs rétrécissements.

(2) * dissection aortique : du préfixe latin dis- marquant l’éloignement, la différence ; section : du latin sectio [-section], scission.
La dissection aortique est une pathologie extrêmement grave qui entraîne la mort du patient si elle n'est pas opérée en urgence. Au départ de la dissection aortique, c'est la média ou tunique moyenne de l'artère qui se détériore, provoquant un clivage : il se crée un espace plus ou moins important, pouvant faire toute la circonférence de l'artère, qui se remplit de sang grâce à la formation d'une communication entre cet espace et la lumière artérielle.
Il arrive parfois qu'une autre communication se forme en aval de la première, créant ainsi un deuxième canal sanguin, très fragile du fait de la nécrose de la média. Cette pathologie se produit généralement au tout début de l'aorte, juste au-dessus des valvules sigmoïdes (celles qui sont dans l'artère aorte et qui empêchent le reflux du sang dans les ventricules pendant la diastole).
Le patient ressent des douleurs d'apparition brutale qui rappellent celles de l'infarctus du myocarde. Le risque est la rupture de cette anomalie, le plus souvent dans le péricarde, mais aussi dans le médiastin ou la plèvre, avec possibilité d'hémorragie foudroyante. Le traitement consiste, en fonction de la localisation exacte et de la gravité de la dissection artérielle, à remplacer la partie de l'aorte défaillante par une artère synthétique (téflon tressé) ou à recoller les parois dissociées de l'artère avec une colle biologique. Toutes les artères peuvent être sujettes à une dissection, avec des conséquences variables en fonction de l'(importance de l'artère concernée.
© G. Dolisi