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Je m’informe sur les différents types de dialyse

Lorsque l’insuffisance rénale atteint la phase terminale, vos reins ne fonctionnent plus et ne peuvent plus remplir leurs missions dont certaines sont indispensables à la vie. Une solution de suppléance doit être mise en place. La dialyse péritonéale et l’hémodialyse sont les solutions de suppléance de première intention, en l’absence de possibilité de greffe.

Qu’est-ce que la dialyse ?

La dialyse est une technique de purification. Son objectif est de débarrasser l’organisme des substances toxiques accumulées dans le sang en filtrant celui-ci au travers d’une membrane et avec l’aide d’un liquide de dialyse appelé dialysat. Le dialysat attire les déchets toxiques grâce à un échange chimique.

Il existe deux types de dialyse : la dialyse péritonéale et l’hémodialyse.

Qu’est-ce que la dialyse péritonéale ?

Le péritoine est la membrane qui tapisse l’abdomen. Il est constitué de deux feuillets qui peuvent se décoller l’un de l’autre et peuvent agir comme une membrane naturelle. La dialyse péritonéale consiste à introduire du dialysat dans la cavité péritonéale, c’est-à-dire entre les deux feuillets du péritoine, grâce à un petit tuyau appelé cathéter. Le péritoine filtre le sang et les déchets qui doivent être éliminés sont rejetés dans le dialysat. Après quelques heures, on vide la cavité péritonéale, et on la remplit à nouveau pour le revider ensuite.

Où peut-on pratiquer la dialyse péritonéale ?

La dialyse péritonéale se pratique le plus souvent à domicile. Un cathéter souple est introduit dans votre abdomen lors d’une intervention chirurgicale, et laissé au long cours.

Le choix du type de dialyse repose sur différents critères : votre besoin d’autonomie mais aussi l’image que vous avez de votre corps. Dans un cas, un petit tuyau dépassera de l’abdomen, dans l’autre la pose d’une fistule au niveau du bras sera réalisée.

Vous le portez en permanence sur vous. Vous conservez à votre domicile le matériel nécessaire pour faire la dialyse, qui peut être réalisée pendant la journée ou pendant la nuit.

Le choix du type de dialyse repose sur différents critères : votre besoin d’autonomie mais aussi l’image que vous avez de votre corps. Dans un cas, un petit tuyau dépassera de l’abdomen, dans l’autre la pose d’une fistule au niveau du bras sera réalisée.

Comment se déroule la dialyse péritonéale ?

Si vous choisissez la dialyse en journée, vous devez suspendre une poche de dialysat reliée au cathéter placé dans votre abdomen. La cavité péritonéale se remplit en 10 à 15 minutes. Vous pouvez alors fermer le cathéter grâce à un bouchon. Après quatre heures, vous raccordez le cathéter à une poche vide placée au sol. Le liquide contenu dans votre cavité péritonéale s’écoule alors sans aide en 15 à 20 minutes. Il faut renouveler cette opération trois fois par jour. La nuit, un liquide spécifique pouvant tenir 8 à 12h est mis en place.

Vous pouvez également opter pour la dialyse péritonéale automatisée, qui se déroule la nuit. Elle requiert l’utilisation d’un appareil appelé cycleur, qui permet de réaliser l’épuration en 8 à 12 heures pendant votre sommeil. Votre cathéter est connecté à plusieurs poches contenant du dialysat, elles-mêmes reliées au cycleur. La programmation de celui-ci lui permet d’assurer automatiquement le remplissage et la vidange des poches. Cette technique permet de libérer votre journée.

Qu’est-ce que l’hémodialyse ?

L’hémodialyse consiste à prélever du sang, le plus souvent au niveau à l’avant-bras, et à l’acheminer avec un cathéter jusqu’à une cartouche appelée dialyseur. Le dialyseur filtre le sang qui vous est ensuite restitué via un autre tuyau.

Les deux techniques de dialyse offrent les mêmes résultats pendant les premières années. Vous prendrez le temps de discuter avec l’équipe soignante avant de faire un choix.

Le nombre de séances d’hémodialyse par semaine est généralement de 3 (mais peut varier jusqu’à 6 dans certains cas (insuffisance cardiaque sévère notamment)), chaque séance durant de 2 à 5 heures selon le nombre de séances réalisées.

Les deux techniques de dialyse offrent les mêmes résultats pendant les premières années. Vous prendrez le temps de discuter avec l’équipe soignante avant de faire un choix.

Où pratiquer l’hémodialyse ?

Selon votre état, vous pouvez effectuer vos séances de dialyse dans différents endroits :

  • A votre domicile si celui-ci offre les conditions de sécurité et de confort nécessaires. Un tiers peut être présent lors de la séance (proche ou infirmière).

  • Au sein d’une unité d’autodialyse, dans laquelle vous assurez vous-même votre traitement en présence d’une infirmière formée à l’hémodialyse.

  • Au sein d’une unité d’hémodialyse assistée, dans laquelle vous êtes en partie autonome mais pouvez solliciter l’aide d’une infirmière.

  • Dans une unité de dialyse médicalisée si vous ne pouvez pas être pris en charge à domicile ou en unité d’autodialyse et que vous avez besoin d’une prise en charge médicale intermittente.

  • Dans un centre d’hémodialyse situé au sein d’un établissement de soins, public ou privé, si votre état de santé requiert la présence permanente d’un médecin néphrologue au cours de la séance.

Comment se déroule une séance d’hémodialyse ?

Avant la mise en place de la dialyse, on réalise, chirurgicalement et sous anesthésie (locale ou générale), une fistule artérioveineuse : il s’agit de la jonction chirurgicale entre une veine et une artère, de façon à ce que la veine (souple) reçoive le débit sanguin important de l’artère. Au bout de 4 semaines environ, la veine dite « artérialisée » devient piquable avec un débit suffisant permettant la réalisation de la dialyse. La fistule reste ensuite en place.

Ces images vous permettent de comprendre ce qu’est une fistule en voyant ce qui est réalisé chirurgicalement et ce qu’elle permet au moment de la dialyse.

Il faut donc prévoir la pose de la fistule suffisamment à l’avance car il existe des délais avant de pouvoir la piquer (consultation avec le chirurgien et l’anesthésiste, date de l’opération, temps de développement de la fistule). Si une fistule n’est pas possible (veine de trop mauvaise qualité), on peut discuter la mise en place d’un tuyau (dit GoreTex). Si une fistule ou un GoreTex ne sont pas disponibles au moment de débuter la dialyse, on aura recours à un cathéter (voie veineuse centrale) laissé en place le temps de disposer d’une fistule.

Si la dialyse n’est pas réalisée à votre domicile, vous vous rendez sur le lieu du traitement par vos propres moyens si votre état le permet, ou en taxi ou en ambulance.

Avant de commencer la séance d’hémodialyse, on vous pèse pour connaître le volume de liquide à prélever. Ensuite, l’infirmière réalise le circuit extracorporel qui permet de prélever le sang et de vous le restituer ensuite, filtré et débarrassé des déchets toxiques. Pendant le déroulé de la dialyse, vous pouvez lire, regarder la télé, écouter de la musique, manger ou même dormir. Après la séance de dialyse, vous rentrez chez vous.

Ces images vous permettent de comprendre ce qu’est une fistule en voyant ce qui est réalisé chirurgicalement et ce qu’elle permet au moment de la dialyse.

Comment choisir entre les deux types de dialyse ?

Le choix entre la dialyse péritonéale et l’hémodialyse doit se faire en fonction de vos activités quotidiennes et en tenant compte d’un certain nombre d’éléments :

  • votre besoin d’autonomie.

  • votre image corporelle : dans la dialyse péritonéale, un petittuyau sort de l’abdomen, et dans le cas de l’hémodialyse, la fistule peut à terme être apparente au niveau de l’avant-bras.

  • l’environnement : il faut pouvoir stocker le matériel nécessaire à votre domicile si vous optez pour la dialyse péritonéale, ou pour l’hémodialyse à domicile.

D’un point de vue médical, les deux techniques de dialyse offrent les mêmes résultats pendant les premières années. Cependant, il existe des situations particulières :

  • pour la dialyse péritonéale : l’obésité morbide, des antécédents d’intervention chirurgicale au niveau de l’abdomen ayant laissé des adhérences, des hernies récidivantes ou une insuffisance respiratoire sévère peuvent empêcher la pose ou le bon déroulement des échanges. L’échec récent d’une transplantation rend également plus difficile la technique pendant quelques semaines

  • pour l’hémodialyse : il faut disposer d’une voie d’abord de dialyse efficace, c’est-à-dire autorisant un débit suffisant à la machine de dialyse

La mise en place d’une technique de suppléance doit faire l’objet d’une réflexion dès que l’insuffisance rénale devient sévère. N’hésitez pas à discuter avec votre néphrologue des différentes possibilités. Vous pouvez également vous rapprocher des associations de patients pour recueillir des témoignages et des conseils.

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Je m’informe sur le rôle des reins Medelli
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Je m’informe sur le rôle des reins

Les reins sont des organes vitaux, au même titre que le cœur ou les poumons. Ils sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Pourtant, ce sont des organes souvent peu connus, comme les maladies qui les touchent.

Où sont situés mes reins ?

Les reins sont localisés dans la partie arrière de l’abdomen, de chaque côté de la colonne vertébrale. Chacun mesure environ 11 cm de long et 6 de large. Les reins sont reliésà l’artère aorte et à la veine cave inférieure, ainsi qu’à la vessie via l’uretère.

3 schémas pour savoir localiser les reins, puis découvrir sur un rein en coupe les éléments qui le constituent et enfin un effet loupe sur un néphron pour comprendre le rôle de filtration assuré par un rein.

3 schémas pour savoir localiser les reins, puis découvrir sur un rein en coupe les éléments qui le constituent et enfin un effet loupe sur un néphron pour comprendre le rôle de filtration assuré par un rein.

A quoi servent les reins ?

Les reins assurent plusieurs missions dans l’organisme.

En premier lieu, ils éliminent les déchets que l’organisme produit et qui sont transportés par le sang. Certains de ces déchets peuvent devenir toxiques s’ils ne sont pas éliminés : l’urée, la créatinine et l’acide urique. L’urée résulte de la digestion des protéines. La créatinine est produite lors de la destruction (normale) des cellules musculaires. L’acide urique provient de la dégradation de cellules mortes et de la digestion de certains aliments.

La seconde mission des reins est de maintenir plusieurs équilibres au sein de l’organisme :

  • L’équilibre des minéraux : Les minéraux sont indispensables à la vie. Ce sont par exemple le sodium, le potassium le calcium et le phosphore. On les trouve dans les aliments. Leur présence en excès dans l’organisme peut entraîner des complications graves, notamment au niveau cardiovasculaire. L’une des fonctions des reins est de les maintenir à niveau constant et d’éliminer les excédents dans les urines.

  • L’équilibre hydrique : Les reins maintiennent également l’équilibre en eau de l’organisme. L’eau absorbée grâce aux boissons et à l’alimentation est éliminée via les urines, les selles, la transpiration et la respiration. Les reins maintiennent la quantité d’eau nécessaire à l’organisme.

  • L’équilibre acido-basique : notre organisme ne fonctionne bien que si l’équilibre entre l’acidité et l’alcalinité est maintenu ; or, il produit beaucoup de déchets acides. Une trop forte acidité peut à terme fragiliser les os, car cette hyperacidité du sang « détache » le calcium des os.

Enfin, la dernière mission des reins est de produire des hormones nécessaires à l’organisme comme :

  • La rénine, une enzyme qui aide à la régulation (à la hausse) de la tension artérielle.

  • L’érythropoïétine, une hormone qui stimule la moelle osseuse et donc contribue à la production des globules rouges qui transportent l’oxygène dans l’organisme.

  • Le calcitriol, une vitamine D, équivalent à une pro-hormone activée grâce au rein : elle permet à l’intestin d’absorber le calcium qui est ensuite fixé dans les os, ce qui assure leur bon état.

Quels médecins peuvent être impliqués dans mon suivi en cas de maladie rénale ?

Le néphrologue est le médecin spécialiste des reins. Il traite l'aspect médical de la maladie rénale.

Le chirurgien intervenant sur les reins, lorsque c’est nécessaire, est l'urologue. Il intervient également sur l’ensemble des voies urinaires.

En cas de maladie rénale, vous pouvez être amené à consulter d’autres médecins spécialistes (cardiologue, diététicien, infirmier d’éducation thérapeutique), dans le cadre d’une prise en charge collective coordonnée par votre néphrologue.

Les reins sont indispensables à la vie. Pour les préserver, veillez à avoir une alimentation saine et équilibrée et à pratiquer une activité physique régulière. N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin traitant.

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Insuffisance rénale : puis-je être concerné ? Medelli
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Insuffisance rénale : puis-je être concerné ?

L’insuffisance rénale désigne la diminution plus ou moins importante de la fonction rénale de filtration. Dans sa forme chronique, c’est une maladie longtemps silencieuse et qui évolue de manière progressive, jusqu’à la perte totale de la fonction rénale. Certains facteurs augmentent le risque de voir apparaître cette maladie. Il est possible de prévenir son apparition et son aggravation en traitant ces facteurs.

L’insuffisance rénale est-elle fréquente ?

En France, 10 % des adultesprésentent une maladie rénale. Le nombre de personnes atteintes est estimé à près de 3 millions. Fin 2011, 70 700 personnes étaient traitées par des techniques de suppléance pour une insuffisance rénale chronique de stade 5, (stade auquel les reins n’assurent plus leurs fonctions), dont 39 600 en dialyse et 31 100 porteuses d’un greffon rénal fonctionnel. Parmi les malades démarrant un traitement de suppléance, un sur deux a 70 ans ou plus.

Qu’est-ce que l’insuffisance rénale ?

L'insuffisance rénale correspond à l'altération du fonctionnement des deux reins. Ceux-ci n’épurent plus correctement le sang et ne peuvent plus remplir leurs autres fonctions : éliminer les déchets toxiques, réguler l’équilibre acido-basique de l’organisme, équilibrer sa teneur en minéraux et en eau et produire hormones, enzymes et vitamines. Ce dysfonctionnement entraîne des complications graves pour la santé.

On distingue l’insuffisance rénale aiguë (IRA), le plus souvent réversible, et l’insuffisance rénale chronique (IRC) qui peut conduire à la perte totale de la fonction rénale de filtration.

Qu’est-ce que l’IRA ?

L’insuffisance rénale aiguë est une diminution rapide voire brutale et le plus souvent réversible de la fonction rénale. Elle survient en général après une baisse brutale de la pression artérielle, lors d'une hémorragie, d'une infection générale (septicémie) ou encore en cas d’obstruction des voies urinaires (calcul, adénome prostatique). L’IRA peut aussi être liée à un médicament ayant une action toxique sur les reins, par exemple certaines chimiothérapies. Les reins retrouvent spontanément un fonctionnement normal après quelques jours de traitement et après la correction des facteurs responsables de la baisse brutale de la fonction rénale. Pendant ces quelques jours, une suppléance par dialyse est mise en place.

Quels sont les facteurs de risque de l’IRA ?

Les principaux facteurs de risque de l’IRA sont la diminution du débit sanguin rénal (maladie cardiaque, déshydratation, choc infectieux ou encore prise répétée de diurétiques) et l’IRC ; celle-ci fragilise les reins qui ne peuvent plus s’adapter à d’éventuelles agressions. D’autres facteurs favorisent également la survenue d’une IRA : le myélome surtout associé à une déshydratation, le diabète et les anti-inflammatoires. L’utilisation répétée d’un fort volume d'agents de contraste iodés semble également favoriser l’IRA chez certains patients.

Qu’est-ce que l’insuffisance rénale chronique ?

L'insuffisance rénale est dite chronique (IRC) quand la diminution de la fonction rénale de filtration est fixée dans le temps au-delà de trois mois. L’IRC compte cinq stades ; elle peut être stabilisée dans les stades précoces. Lorsqu’elle est dépistée à un stade avancé et qu’on ne peut pas contrôler les facteurs de progression de la diminution de la fonction rénale, il peut être nécessaire de mettre en place une solution de suppléance (dialyse ou greffe).

La progression de l’IRC entraîne des complications bien avant d’atteindre le stade 5 de la maladie :

  • accumulation des déchets et des liquides dans l'organisme, responsables de l’apparition d’œdèmes ;

  • augmentation de la tension artérielle ;

  • problèmes cardiaques ;

  • retard de croissance chez l'enfant;

  • anémie entrainant une grande fatigue

  • dénutrition par perte de l’appétit, carences nutritionnelles ;

  • fragilité osseuse ;

  • troubles des règles et de la fonction sexuelle ;

  • infections bactériennes ou virales plus fréquentes.

Quels sont les facteurs de risque de l’IRC ?

Dans près d’un cas sur deux, l’IRC résulte de la présence d’un diabète ou d’un rétrécissement des artères rénales causé par l’hypertension artérielle et le tabagisme.

 

Une bonne hygiène de vie et la pratique régulière d’une activité physique sont de bons moyens de prévention de la maladie rénale.

  • les maladies cardiovasculaires et leurs facteurs de risque (hypertension artérielle...) obésité, tabac, hypercholestérolémie ;

  • l'âge : après 60 ans, les reins fonctionnent moins bien ;

  • les antécédents familiaux d'insuffisance rénale chronique ;

  • une anomalie ou un obstacle sur les voies urinaires (calculs, malformation, infections urinaires à répétition...) ;

  • une maladie inflammatoire en progression surtout d’origine auto-immune (lupus, polyarthrite rhumatoïde, etc.) ;

  • des épisodes d'insuffisance rénale aiguë répétés surtout chez les sujets âgés ayant des capacités de récupération moindres ;

  • une prise prolongée de médicament potentiellement toxique pour le rein (anti-inflammatoires en particulier).

De nombreux facteurs de risques président à la survenue de l'insuffisance rénale, en particulier l'hypertension artérielle, le tabagisme et le diabète. Leur prévention, et le cas échéant leur traitement, permet de retarder l’apparition d’une insuffisance rénale chronique. Une bonne hygiène de vie et la pratique régulière d’une activité physique contribuent également à la prévenir.

Une bonne hygiène de vie et la pratique régulière d’une activité physique sont de bons moyens de prévention de la maladie rénale.
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Comprendre l’insuffisance rénale chronique pour adhérer à mon traitement Medelli
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Comprendre l’insuffisance rénale chronique pour adhérer à mon traitement

A la suite d’une maladie rénale chronique (MRC) qui altère progressivement les reins, il peut survenir une insuffisance rénale chronique (IRC). Il y a différents types de MRC ; mais les MRC ont une seule et même conséquence : l’IRC. Celle-ci est silencieuse. En effet, on ne souffre pas des reins. Cependant, une surveillance médicale régulière, la bonne observance de votre traitement et une hygiène diététique adaptée permettent de ralentir l’évolution de l’IRC et de prendre en charge ses conséquences.

Comment mesurer la progression de l'IRC?

Afin de mesurer votre fonction rénale, votre néphrologue vous prescrit des examens de contrôle réguliers. Il s'agit d'examens sanguins et des urines, réalisés dans un laboratoire d'analyses médicales. Le principal élément de contrôle est le volume de liquide filtré par le rein sur un temps donné, appelé débit de la filtration glomérulaire (DFG). Cela permet de mesurer l'activité du rein.

Quels sont les différents stades de l'IRC ?

Les stades de l'IRC sont définis en fonction du niveau d'activité de vos reins, mesuré par le DFG. Le stade 1 correspond au début de la maladie. Lorsque la maladie atteint le stade 4, vos reins ne sont plus capables de jouer pleinement leur rôle. Au stade 5, une suppléance doit être envisagée pour les remplacer si nécessaire.

Comment prévenir l'aggravation de l'IRC ?

Dès l'annonce du diagnostic, un certain nombre de mesures sont mises en place pour prévenir l'aggravation de l'IRC. Ces traitements sont prescrits par les médecins qui vous suivent dans le cadre d'une prise en charge multidisciplinaire : médecin généraliste, néphrologue, cardiologue, éventuellement diabétologue ou autre spécialiste si nécessaire. L'équipe médicale vous encourage à bien vous informer sur votre maladie pour mieux agir et prévenir son aggravation.

 

Traitement de l'hypertension artérielle : L'hypertension aggrave les lésions rénales et favorise les complications cardiovasculaires. Elle doit être corrigée le plus tôt possible. Votre médecin vous prescrit un médicament comme un inhibiteur de l'enzyme de conversion ou un antagoniste des récepteurs de l'angiotensine 2 qui ralentit la destruction des reins.

 

Diminution de la quantité de protéines absorbées : Une alimentation riche en protéines fait davantage travailler les reins et favorise l'aggravation de l'insuffisance rénale. Avec l'aide d'une diététicienne, il est recommandé d'adapter l'apport en protéines au stade de votre insuffisance rénale.

 

Arrêt du tabac : Le tabac accélère la progression de l'insuffisance rénale et favorise les complications cardiovasculaires. Il est donc essentiel d'arrêter votre consommation de tabac.

 

Équilibre glycémique : Si votre insuffisance rénale est liée à un diabète, un bon équilibre glycémique permet de ralentir l'évolution de l'insuffisance rénale et de prévenir l'apparition des complications. L'hémoglobine glyquée permet de mesurer l'équilibre glycémique. Votre médecin vous indiquera la valeur cible à rechercher.

 

Protéger vos reins de toute toxicité, en particulier médicamenteuse : Vous pouvez avoir recours à la plupart des médicaments couramment prescrits. Toutefois, la prise d'un médicament présente un risque pour les personnes souffrant d'insuffisance rénale. Il est essentiel de consulter votre médecin avant de prendre quelque médicament que ce soit.

Comment traiter les conséquences de l'insuffisance rénale chronique ?

Nutrition : Une alimentation équilibrée est indispensable pour éviter une dénutrition ou à l'inverse des apports alimentaires trop riches. Un suivi effectué par une diététicienne permet de mettre en place une alimentation adaptée à votre état.

 

Le bicarbonate : L'une des conséquences directe de l'IRC est l'acidose métabolique, qui peut engendrer dénutrition, fatigue musculaire et lésions osseuses. Pour corriger l'acidose, votre médecin vous prescrit des bicarbonates.

 

L'érythropoïétine (EPO) : L'EPO est naturellement fabriquée par les reins. Elle stimule la moelle osseuse qui fabrique les globules rouges. En cas d'IRC, il peut être nécessaire de vous apporter de l'EPO pour traiter votre anémie d'origine carentielle.

 

Le calcium et la vitamine D sont prescrits pour éviter la carence en vitamine D et les conséquences du mauvais fonctionnement de la parathormone qui, produite en excès, fragilise les os.

 

Les chélateurs du phosphore : Ils empêchent l'absorption du phosphore contenu dans l'alimentation. Votre médecin vous prescrit ces médicaments lorsque le niveau de phosphore contenu dans votre sang est trop élevé, responsable de complications cardio-vasculaires.

Que faire lorsque la fonction rénale devient insuffisante ?

Lorsque l'insuffisance rénale devient sévère (stade 4), il est nécessaire de prévoir un traitement pour suppléer votre fonction rénale ; cela facilite sa mise en place le moment venu.

Cette décision se prend avec votre néphrologue, votre médecin généraliste et une infirmière entraînée à la dialyse. Trois méthodes de suppléance existent : la dialyse péritonéale, l'hémodialyse, et la greffe.

En fonction de votre choix, l'équipe médicale programmera la mise en place des dispositifs nécessaires pour la dialyse. Elle vous fera également pratiquer un bilan approprié pour vous inscrire sur la liste d'attente des greffes, si cela est possible.

 

L'insuffisance rénale chronique est une maladie évolutive silencieuse. N'hésitez pas à vous informer sur votre maladie pour participer pleinement à sa prise en charge. Vous pouvez vous rapprocher des associations de patients qui vous fourniront écoute et conseils.

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