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L’immunothérapie cible les cancers des enfants

De plus en plus prescrits dans la prise en charge des cancers de l’adulte, l’immunothérapie serait-elle également efficace chez les enfants souffrant d’une tumeur ? Des essais cliniques ont été lancés avec des résultats un peu décevants. Mais l’espoir est là !

« L’immunothérapie à proprement parler n’est pas nouvelle », rappelle le Dr Aurélien Marabelle*. En effet, certaines thérapies ciblées comme les anticorps monoclonaux anti-tumoraux avaient déjà une action sur le système immunitaire. Dans ce cadre, l’oncologie pédiatrique avait bénéficié de ces traitements. C’est le cas d'un anticorps monoclonal dans certains lymphomes B de l’enfant. Mais aussi d’un autre anticorps développé spécifiquement pour le cancer pédiatrique. Celui-ci est entré dans le schéma thérapeutique standard des neuroblastomes de haut risque, en association avec une chimiothérapie et une interleukine 2. Grâce à lui, de 30%, la survie atteint les 50% à 5 ans.

Changer les globules blancs du patient

Des traitements d’immunothérapie innovants fournissent aujourd’hui de meilleurs pronostics dans d’autres cancers pédiatriques comme la leucémie. « Actuellement, la thérapie de routine repose sur l’allogreffe », indique Aurélien Marabelle. Il s’agit de greffer des cellules souches du sang.

Mais une autre technique se montre encore plus efficace : les Car-T-cell pour chimeric antigene recepteur T cell. « Il s’agit d’une nouvelle génération de thérapies cellulaires. Le principe, faire une cytaphérèse, c'est-à-dire collecter les globules blancs du patient avec un système de circulation extracorporelle », détaille Aurélien Marabelle. Les globules blancs contiennent des lymphocytes T. Ces derniers sont modifiés génétiquement en laboratoire dans le but qu’ils deviennent des molécules anti-tumeurs. « Réinjectés au patient, ces lymphocytes T ont fait leurs preuves dans le cas des leucémies de type B chez l’adulte et l’enfant », note-t-il.

Anti-PD1 et anti-PDL1 : l’immunothérapie de dernière génération

Restent les traitements d’immunothérapie les plus récents. C'est-à-dire ceux qui constituent déjà le principal espoir de guérison de nombreux patients adultes dans des dizaines d’indications cancéreuses. Les anti-PD1 et les anti-PDL1 démontrent chaque jour leur efficacité sur de nouvelles tumeurs. En oncologie pédiatrique, des essais cliniques ont été lancés il y a deux ans à peine. C’est pourquoi, « ils n’ont pas encore fourni de données suffisantes pour établir leur efficacité chez l’enfant », indique Aurélien Marabelle. « Ce que l’on peut dire toutefois concerne essentiellement les différences importantes entre tumeurs adultes et tumeurs pédiatriques. » Ainsi, « les cancers chez l’enfant sont souvent peu mutés, or l’on sait que, chez l’adulte, plus il y a de mutations et plus la maladie est sensible à l’immunothérapie », souligne-t-il. Par ailleurs, « les tumeurs pédiatriques sont souvent peu infiltrées par le système immunitaire ». Alors que cela augmente les chances d’efficacité du traitement. Ces deux éléments « font douter des résultats des anti-PD1 et anti-PDL1 chez les enfants. En tout cas dans les tumeurs de blastomes, comme les neuroblastomes, les néphroblastomes, glioblastomes… » Toutefois, tout espoir n’est pas perdu. « Dans les lymphomes de Hodgkin et les lymphomes B de l’enfant, peu différents de ceux des adultes, on espère une bonne efficacité des anti-PD1 », note le Dr Marabelle. Chez l’adulte en effet, ces traitements offrent des résultats spectaculaires. *Directeur clinique du programme d’immunothérapie en cancérologie, Gustave Roussy - INSERM Lab U1015

Source : interview du Dr Aurélien Marabelle, 2 février 2017 Mots-clefs : cancer, immunothérapie, oncologie pédiatrique, enfants, anticorps, système immunitaire©Destinationsante.com 2018 https://destinationsante.com/le-conseil-scientifiqueCrédit photo : thekopmylife/Shutterstock.com
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 Je m’informe sur l’immunothérapie Medelli
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Je m’informe sur l’immunothérapie

L’immunothérapie est un traitement utilisé pour certains types de cancers. Son but est de mobiliser vos défenses immunitaires contre la maladie. Plusieurs traitements par immunothérapie sont déjà disponibles.

Qu’est-ce que l’immunothérapie ?

Le système immunitaire protège notre organisme contre les menaces, le plus souvent extérieures (virus, bactéries, etc.), mais aussi intérieures. Lorsqu’un « intrus » est détecté, le système immunitaire l’identifie puis essaye de  l’éliminer. Malheureusement, en général le système immunitaire ne reconnaît pas les cellules cancéreuses comme une menace pour l’organisme et elles échappent aux défenses immunitaires, puis prolifèrent.

L’objectif d’un traitement par immunothérapie est de stimuler le système immunitaire pour qu’il reconnaisse et détruise les cellules cancéreuses.

Dans quel cas me proposera-t-on une immunothérapie ?

L’immunothérapie est une nouvelle option qui s’offre aux médecins depuis quelques années, pour certains cancers. Elle peut être proposée après une chirurgie ou non, en association avec une chimiothérapie ou après celle-ci. Dans tous les cas, son choix et ses modalités dépendent du type de cancer, de son évolution et des traitements que vous avez éventuellement déjà reçus.

Comment se déroulera mon traitement ?

Dans le traitement de certaines tumeurs comme les leucémies, lymphomes, mélanomes, myélome, cancers bronchiques et cancers du rein, le médecin oncologue peut vous proposer une immunothérapie dite « générale ». Elle consiste à vous injecter des molécules sécrétées naturellement par des cellules immunitaires, comme des anticorps ou des cytokines. Des molécules innovantes sont actuellement disponibles et elles remplacent de plus en plus les anciens traitements utilisés en immunothérapie (interféron et interleukine).

Ces traitements ces traitements sont administrés sous forme d’injection par voie sanguine dans des services d’oncologie, en hôpital de jour.  Ils sont utilisés seuls, ou en association avec d’autres molécules anti-tumorales (chimiothérapie, thérapies ciblées). Beaucoup d’autres molécules, parmi les plus prometteuses,  sont encore en phase expérimentale et vous pourrez peut-être en bénéficier dans le cadre d’un essai thérapeutique, si votre situation correspond aux critères et que vous le souhaitez.

Si vous êtes atteint d’un cancer de la vessie, le médecin oncologue peut aussi vous proposer une immunothérapie de type local. On stimule alors votre système immunitaire grâce à des injections du vaccin BCG (anti tuberculose) dans la vessie.

L’équipe médicale conseille parfois une autre méthode dans laquelle on prélève des cellules de votre système immunitaire appelées lymphocytes, on les multiplie en laboratoire, puis on les réinjecte afin de « booster » les défenses immunitaires.

Aurai-je des effets secondaires ?

L’immunothérapie entraîne des effets secondaires variables d’un patient à l’autre et selon la dose de médicament administrée, qui peuvent survenir à n’importe quelle phase du traitement.

Parmi les plus fréquents ou plus grave, on peut citer :

·        fièvre (> 38,5°c),

·        douleurs abdominales violentes,

·        diarrhée (par exemple à partir de la troisième selle liquide, ou si présence de sang ou de glaires dans les selles),

·        éruption cutanée (bulles, plaques rouges, boutons...),

·        modification d'une toux, apparition d'une toux inhabituelle,

·        essoufflement inhabituel,

·        atteinte d’un organe comme le foie (hépatite), la thyroïde (thyroïdite), le rein (insuffisance rénale).

Immunothérapie : où en est-on ?

En 2017, l’immunothérapie est l’un des axes les plus prometteurs de la recherche contre le cancer.

Les scientifiques mènent actuellement des études sur l’utilisation de ces molécules seules ou en association avec d’autres médicaments déjà connus, et dans tout type de tumeurs. Les résultats des essais thérapeutiques en cours permettront de définir les molécules les plus efficaces et les mieux tolérées pour, ensuite, les rendre disponibles pour le plus grand nombre.

 L’immunothérapie a fait de très grands progrès ces cinq dernières années. C’est un traitement d’avenir mais qui n’est pas efficace sur tous les cancers. Si ce traitement vous correspond, votre oncologue vous en parlera
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Immunothérapie : des effets secondaires sous contrôle ? Medelli
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Immunothérapie : des effets secondaires sous contrôle ?

Depuis le début des années 2010, la médecine dispose des traitements d’immunothérapie. Lesquels sont notamment utilisés pour lutter contre les cancers. Au-delà de leur efficacité, ils ne présentent pas les mêmes effets indésirables des traitements classiques. Explication.

Avec l’immunothérapie « on vient casser la tolérance immunologique envers les cellules cancéreuses », explique le Dr Aurélien Marabelle*. Plus précisément, ces traitements activent le système immunitaire à l’excès, dans le but de combattre le cancer. Résultat, « les effets secondaires qui peuvent apparaître sont de type inflammatoires ou auto-immuns », comme une toxicité au niveau pulmonaire ou digestif. Avec des conséquences potentiellement graves si le bon diagnostic n’est pas posé. Et c’était bien là le problème, au début de l’utilisation des immunothérapies tout du moins. « Les oncologues n’étaient pas formés à diagnostiquer cette toxicité inflammatoire », explique Aurélien Marabelle. Ainsi, « une diarrhée sur une colite inflammatoire pouvait être prise pour une simple diarrhée et le malade être renvoyé chez lui ». Or « il faut dans ce cas prescrire des corticoïdes pour éviter la perforation ». « Aujourd’hui, nous avons mis en place des programmes de surveillance des toxicités, ce qui permet de bien les maîtriser », rassure Aurélien Marabelle. Lequel précise que les effets délétères de l’immunothérapie « sont réversibles et tous les patients n’en sont pas victimes. »  *Directeur clinique du programme d’immunothérapie en cancérologie, Gustave Roussy - INSERM Lab U1015

Source : interview du Dr Aurélien Marabelle, 2 février 2017 Mots-clefs : cancer, immunothérapie, effets secondaires©Destinationsante.com 2018 https://destinationsante.com/le-conseil-scientifiqueCrédit photo : minervastdio/Shutterstock.com
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Cancer du poumon : quelles sont les modalités et les éventuels effets secondaires de mon traitement ? Medelli
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Cancer du poumon : quelles sont les modalités et les éventuels effets secondaires de mon traitement ?

Les traitements du cancer du poumon à base de médicaments sont, soit une chimiothérapie conventionnelle, soit une thérapie dite « ciblée », soit une « immunothérapie ». Le mode d’action de ces traitements et leurs éventuels effets secondaires sont différents.

Comment est défini mon traitement ?

Votre traitement est spécifiquement adapté à votre situation.

Le diagnostic nécessite l’analyse d’un fragment de la tumeur prélevé par une biopsie, effectuée dans le cadre d’une fibroscopie, au cours d’une ponction sous scanner ou lors d’un acte chirurgical.

L’analyse des cellules tumorales permet de différencier les types morphologiques, principalement les cancers non à petites cellules et les cancers à petites cellules.Parmi les cancers bronchiques non à petites cellules, les plus fréquents (85 %), on distingue l’adénocarcinome, le carcinome épidermoïde, les carcinomes indifférenciés à grandes cellules.

L’analyse recherche également la présence de certaines anomalies moléculaires (biomarqueurs).Il s’agit notamment :

  • De mutations touchant une protéine présente sur la membrane des cellules, appelée récepteur de l'EGF (epidermal growth factor).

Ces anomalies semblent plus fréquentes dans certains cas : femmes, non-fumeurs, personnes d’origine asiatique, malades porteurs de certains sous-types de cancer.

  • De translocations du gène ALK (anaplastic lymphoma kinase).

Il s’agit d’une anomalie plus souvent présente chez les jeunes et les non-fumeurs.

  • De la présence de PD-L1, un des ligands de la protéine PD1 à la surface de la tumeur qui empêche le système immunitaire de "reconnaître" la tumeur comme telle.

La recherche de ces anomalies sera effectuée quel que soit votre profil ; leur identification permettant de définir le traitement le plus adapté.

En l’absence de biomarqueur, la chimiothérapie conventionnelle vous sera proposée en première intention. Néanmoins, le recours à la thérapie ciblée ou à l'immunothérapie pourrait être envisagé en deuxième ou troisième intention.

Dans tous les cas, l’efficacité de votre traitement sera régulièrement évaluée par l’équipe médicale.

Comment agissent la chimiothérapie conventionnelle et la thérapie ciblée ?

La chimiothérapie conventionnelle utilise des médicaments toxiques pour les cellules tumorales qui bloquent leurs mécanismes de division. Les molécules habituellement employées sont des sels de platine associés à d'autres médicaments, spécifiquement adaptés à votre cas.

Le traitement est administré par voie intraveineuse à un rythme dépendant des médicaments choisis. Il peut être pratiqué en ambulatoire à l’hôpital de jour.

La thérapie ciblée bloque des mécanismes de croissance propres aux cellules cancéreuses. Plusieurs médicaments peuvent être utilisés en fonction des caractéristiques de votre cancer.

Selon le traitement, il est administré par voie intraveineuse ou se présente sous forme de comprimés, à raison d'un comprimé une à deux fois par jour.

L'immunothérapie permet de repérer ou faire reprérer par votre système immunitaire les cellules cancéreuses afin qu'elles soient détruites. Elle est administrée par voie intraveineuse toutes les deux ou trois semaines.

Une consultation médicale fera le point, une ou plusieurs fois par trimestre, sur l'efficacité et la tolérance de votre traitement.

Quels sont les effets secondaires possibles de ces trois types de thérapies ?

Les médicaments de chimiothérapie conventionnelle ont la particularité d'agir sur les cellules dont le renouvellement est rapide, comme les cellules cancéreuses.

Certains types de cellules saines se multiplient également très vite et sont donc sensibles à la chimiothérapie. Lorsqu’elles sont altérées par ces traitements, des effets secondaires apparaissent.

L’équipe médicale surveillera et prendra en charge ces éventuels effets secondaires, qui sont principalement :

  • Des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée).

  • Un manque d'appétit.

  • Une fatigue.

  • Une perte de cheveux.

  • Une insuffisance rénale.

  • Une baisse de la quantité de cellules dans le sang se traduisant par un risque accru d'infections (si baisse des globules blancs), de fatigue (secondaire à une anémie en cas de déficit en globules rouges) etde saignements (si baisse des plaquettes nécessaires à la coagulation).

  • Des réactions allergiques : difficulté à respirer, respiration sifflante, éruption cutanée ou urticaire, démangeaisons, rougeur au niveau de la face et du cou.

  • Un engourdissement ou des picotements au niveau des mains ou des pieds (neuropathie périphérique), des bourdonnements d'oreille (acouphène), une baisse de l'audition.

Plus spécifique, la thérapeutique ciblée est moins toxique que la chimiothérapie conventionnelle. On décrit essentiellement des troubles digestifs (vomissements, diarrhées…), cutanés (éruption qui ressemble à l’acné) ou oculaires (troubles de la vision).

L'immunothérapie, moins toxique que la chimiothérapie, peut également entrainer des troubles cutanés et digestifs, une perte d'appétit ou une modification du goût, qui disparait à l'arrêt du traitement. Certains de ces effets secondaires peuvent être d'origine immunologique du fait de la stimulation du système immunitaire par ces médicaments.

La plupart des effets secondaires peuvent être limités voire évités grâce à des traitements préventifs ou des conseils pratiques. Des traitements préventifs efficaces contre les nausées et les vomissements peuvent ainsi être prescrits le jour de la chimiothérapie et durant les jours qui suivent. D’autres troubles digestifs comme la diarrhée ou la constipation sont traités par des médicaments adaptés. Dans tous les cas, l’équipe soignante est là pour vous conseiller.

 

Les effets secondaires liés aux traitements sont variables et dépendent des médicaments administrés et de la façon dont votre organisme réagit. Leur présence ou leur absence n'a pas de lien avec l'efficacité du traitement dont vous bénéficiez. Certains effets secondaires peuvent être limités, voire évités, grâce à des traitements préventifs ou à des conseils pratiques. Néanmoins, s’ils deviennent trop importants, le traitement sera modifié ou momentanément interrompu.

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