Usager de drogues, je suis incarcéré : quelles sont les offres de soins ? Medelli
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Usager de drogues, je suis incarcéré : quelles sont les offres de soins ?

La détention est toujours un passage délicat dans le parcours d'un usager de drogues. Les risques plus élevés pour la santé et la difficulté de trouver son produit habituel en prison entraînent parfois le besoin d’une aide médicale, qu'il s'agisse d'un soutien psychologique ou d'un traitement de substitution.

L'offre de soins en prison : que dit la loi ?

Depuis la loi du 18 janvier 1994, la médecine en prison ne relève plus du ministère de la Justice, mais de celui de la Santé. Cette loi indique ainsi que l'accès aux soins et leur qualité doivent être équivalents à ceux disponibles en milieu libre, tout comme l'accès à la prévention et à l'éducation sanitaire. Si la loi indique ainsi que la prison ne doit être qu'un espace de privation de liberté, et de rien d'autre, la réalité est souvent plus complexe.

Quels sont les services dont je peux bénéficier ?

  • Un bilan médical est obligatoire à l’entrée en détention, dans les plus brefs délais. Vous aurez également droit à une consultation médicale à tout moment à votre demande, y compris durant une garde à vue.

  • Un dépistage des VIH, VHC et VHB est proposé lors de la visite médicale d'entrée en détention. Vous pourrez ensuite demander un dépistage dès que vous le souhaitez si vous avez le moindre doute, ces trois virus étant fréquents parmi les usagers de drogues incarcérés.

  • Le personnel soignant pourra également vous proposer des consultations régulières pour un suivi médical particulier.

  • Dans le cadre de conduites addictives, des consultations spécialisées sont possibles. Vous pouvez en faire la demande au personnel soignant habituel en toute confidentialité.

  • Certaines unités sanitaires proposent également des actions de prévention et d'éducation à la réduction des risques, en particulier des risques d’infection.

  • Si vous souhaitez mettre fin à une consommation excessive, le personnel soignant vous proposera une aide au sevrage. Ilpeut s'agir d'une aide psychologique, dans le cas de l'alcool par exemple, de substituts nicotiniques si vous arrêtez de fumer, ou encore d'une prescription de traitements de substitution aux opiacées (TSO). Depuis 2002, la méthadone peut être prescrite par n’importe quel praticien intervenant en milieu pénitentiaire.

  • Vous pouvez également demander à entrer en contact, via l’équipe de l’unité sanitaire de votre établissement, avec les professionnels qui vous suivront au dehors, voire demander une permission pour les rencontrer dans leur structure ou proposer une rencontre en détention.

  • Tous les soins dispensés en prison sont gratuits. Dès votre incarcération, l'établissement pénitentiaire effectue obligatoirement les démarches pour votre affiliation au régime général de la Sécurité Sociale. Le ticket modérateur et le forfait journalier hospitalier sont pris en charge par l’administration pénitentiaire. Depuis 2005, vous pouvez également bénéficier de la Couverture Maladie Universelle complémentaire (CMUc).

Dois-je craindre de révéler ma toxicomanie ?

L’ensemble du personnel soignant d’un établissement pénitentiaire est soumis au secret médical, comme tout professionnel de santé. Ce secret est gardé face au personnel pénitentiaire, mais aussi aux magistrats (juges d’instruction, juges d’application des peines, parquet, etc.).

Selon le code de déontologie médicale, le secret médical couvre l’ensemble des informations confiées à un médecin, mais aussi tout ce qu’il a vu, entendu ou compris. Le secret médical doit être respecté au sein des commissions pluridisciplinaires uniques (CPU), qui réunissent médecins et personnel pénitentiaire.

Vous avez le droit de consulter l’intégralité de votre dossier médical sur simple demande. Pour respecter le secret médical, ce dossier est entreposé dans des locaux sécurisés uniquement accessibles au personnel médical. Comme tout autre document de santé (certificat médical par exemple), il doit vous être donné en main propre.

L’offre de soins est-elle vraiment identique à celle du milieu libre ?

Si la loi prévoit une équivalence stricte de l’offre de soins, dans les faits, la France a encore du retard dans ce domaine.

L’accès à une consultation médicale est parfois plus difficile dans certains établissements. En milieu carcéral, il vous faut faire une demande écrite pour être d’abord reçu par une infirmière qui fixera ensuite un rendez-vous avec un médecin. De plus, les soins peuvent être particulièrement longs à obtenir pour certaines spécialités (soins dentaires ou kinésithérapie, par exemple). Cependant, en cas de problème, la rencontre avec un médecin est souvent possible dans des délais rapides, au moins dans les grands établissements.

En ce qui concerne les TSO, méthadone ou Buprénorphine Haut-Dosage (BHD), la situation est très variable selon les établissements. Si les TSO initiés à l’extérieur sont maintenant le plus souvent reconduits à l’entrée en détention, il arrive cependant que le type de TSO (méthadone ou BHD) ou la posologie soit modifié. Ainsi, un établissement sur cinq déclarait en 2009 piler ou diluer la BHD pour mieux contrôler son utilisation et tenter ainsi de prévenir les trafics. Si vous étiez stabilisé auparavant sous un traitement particulier, celui-ci est donc susceptible d’être modifié.

Quelles sont les structures de soins en milieu carcéral ?

Depuis peu, les différentes structures médicales en milieu pénitentiaire sont toutes devenues officiellement des « Unités Sanitaires ». Vous pourrez parfois entendre en prison leur ancienne dénomination.

  • Les UCSA (Unité de Consultations et de Soins Ambulatoires), présents dans tous les établissements pénitentiaires. Rattachés à un établissement de santé de référence, ils assurent la prise en charge médicaledes détenus : visites médicales, prévention, soins, continuité des soins à la sortie, etc.

  • Les SMPR (Service Médico-Psychologique Régional), implantés dans près d'une trentaine d'établissements pénitentiaires. De rayonnement régional, ils proposent diverses offres de soins, incluant parfois une hospitalisation au sein même du service.

  • Une quinzaine de CSAPA (Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) intra-carcéraux (implantés au sein même de la prison). Ces structures spécialisées dans le domaine de l’addiction sont en charge de l’information sur les conduites addictives, de l’évaluation médicale, psychologique et sociale, du sevrage et de la réduction des risques. Dans les établissements de disposant pas de CSAPA intra-carcéraux, ce sont parfois des intervenants de CSAPA extérieurs qui interviennent dans les unités sanitaires. Depuis peu, chaque établissement bénéficie d’un CSAPA référent qui intervient en détention afin de préparer la sortie et d’assurer la continuité des soins.

  • Les UHSA (Unité Hospitalière Spécialement Aménagée) et les UHSI (Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale) ne sont pas présentes au sein même de la prison mais implantées en milieu hospitalier. Les UHSA permettent d’hospitaliser les personnes atteintes de troubles mentaux et les UHSI tout type de détenus présentant des troubles nécessitant une prise en charge en milieu hospitalier.

Être placé en quartier disciplinaire ou en isolement n'implique pas une absence d’accès aux soins. La liste des personnes en isolement et en quartier disciplinaire est transmise quotidiennement aux équipes médicales. Le médecin s'y rend à chaque fois qu'il l'estime nécessaire et au minimum deux fois par semaine. Vous pouvez également faire vous-même une demande de visite médicale.

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Mon enfant consomme du cannabis : comment puis-je l’aider ? Medelli
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Mon enfant consomme du cannabis : comment puis-je l’aider ?

Le cannabis est la première drogue illicite expérimentée et consommée chez les adolescents. Son expérimentation se fait en moyenne vers 15 ans, le plus souvent dans un cadre festif. Sa consommation peut devenir régulière et menacer l’équilibre psychologique ou social de votre enfant, ou sa santé à long terme.

Quels sont les risques pour mon enfant ?

Une consommation occasionnelle de cannabis n’est pas sans risque :

  • Risque d’accidents. La consommation de cannabis abaisse la vigilance, la concentration, les réflexes et modifie les perceptions. Elle peut être responsable d’accidents, notamment lors de la conduite d’un deux-roues.

  • Risque de « bad trip ». Le « bad trip » est une attaque de panique due à une consommation trop importante ou dans un contexte qui prédispose aux bads trips (anxiété, sentiment d’insécurité). Il se traduit par un malaise psychologique ou physique, caractérisé notamment par des tremblements, des palpitations, des difficultés à respirer, des vomissements (allant parfois jusqu’à la perte de connaissance), ou exceptionnellement par des bouffées délirantes nécessitant éventuellement une hospitalisation. Il peut laisser un souvenir traumatisant. Dans ce cas, le consommateur doit rester dans un endroit calme et aéré, et être rassuré. Si les effets ne se dissipent pas, une personne qui l’accompagne doit appeler le 112, le 15 ou le 18.

  • Risque de difficultés scolaires. La consommation de cannabis est associée à une déficience de la mémoire immédiate qui perturbe les processus d’apprentissage. Elle est également responsable de troubles de l’attention et de la concentration. Une consommation régulière peut compromettre sérieusement les études.

  • Risque d’interpellation et de poursuites pénales. Un mineur est pénalement responsable à partir de 13 ans. La possession de cannabis, même en très faible quantité, est susceptible de poursuites pénales et de condamnations inscrites sur le casier judiciaire.

Quelles sont les conséquences possibles à long terme ?

Le cerveau d’un adolescent, en pleinematuration, est particulièrement vulnérable. Une consommation régulière pourrait induire une baisse des facultés intellectuelles à l’âge adulte.

Chez les personnes prédisposées, la consommation de cannabis peut déclencher des troubles mentaux graves : sentiment de persécution, délires paranoïdes, anomalies de la pensée et du discours, hallucinations auditives, etc.

Quelles sont les pratiques les plus dangereuses ?

  • L’association à d’autres produits pour augmenter l’ivresse (alcool, autres drogues illicites, médicaments psychotropes) amplifie l’effet de chacun des produits et augmente leurs risques.

  • Les consommations avant l’âge de 15 ans sont particulièrement nocives du fait de l’immaturité du cerveau.

  • Une consommation régulière, intensive, en dehors de tout cadre festif est plus inquiétante qu’une consommation occasionnelle, à prédominance festive.

Comment savoir si mon enfant consomme du cannabis ?

Vous pouvez vous renseigner sur le produit et ses effets sur des sites internet ou participer à des réunions d’information organisées dans les collèges, les lycées, les structures spécialisées dans l’accueil des jeunes ou celles qui prennent en charge les addictions.

Certains signes doivent vous alerter :

  • Votre enfant a changé de groupe d’amis.

  • Son sommeil est perturbé.

  • Il se désinvestit de l’école et des autres activités qu’il pratiquait avant.

  • Il sort souvent sans en expliquer la raison.

  • Son besoin d’argent augmente.

  • Il change brusquement de comportement, il devient irritable voire violent lorsqu’on le contrarie.

Comment puis-je l’aider ?

Essayez d’instaurer le dialogue avec votre enfant. Mettez-le en garde contre l’impact de sa consommation, à court terme (accident, consommation illégale, échec scolaire, isolement) et à long terme (impact sur son cerveau en développement). Aidez-le à développer un esprit critique et à savoir résister à la pression du groupe.

Faites-lui comprendre qu’il existe d’autres moyens moins destructeurs de s’affirmer.

Il est important d’échanger sur la fréquence, le contexte, l’objectif de sa consommation et de lui demander s’il associe d’autres produits comme de l’alcool ou des médicaments. Vous pourrez ainsi détecter une consommation particulièrement problématique.

Une dépendance doit être suspectée s’il vous décrit :

  • Qu’il ne peut plus réaliser certaines activités sans consommer.

  • Qu’il a besoin de consommer de manière compulsive.

  • Qu’il doit augmenter les doses pour obtenir le même effet.

  • Qu’il présente des signes de manque (irritabilité, anxiété, stress, troubles du sommeil ou alimentaires, migraines) lors de ses tentatives d’arrêt.

Afin de dépister une éventuelle consommation excessive, vous pouvez l’inciter à compléter un auto-questionnaire. Nous vous proposons le questionnaire CAST qui s'ouvre en cliquant ci-dessous.

Cliquez ici pour accéder au questionnaire CAST (Cannabis Abuse Screening Test).

Quand doit-il consulter ?

Vous devez conseiller à votre enfant de consulter si vous pensez qu’il consomme pour régler des problèmes personnels importants(stress, difficultés scolaires ou sociales), si sa consommation entraîne des dommages physiques, psychiques, sociaux ou judiciaires, ou si vous suspectez une dépendance.

Vous pouvez vous adresser à un généraliste, un psychiatre ou un psychologue spécialiste de l’adolescence, ou à un médecin spécialiste des addictions dans un Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA). Des Consultations jeunes consommateurs s’adressent spécifiquement aux adolescents et à leurs parents. Les Centres Médico-Psychologiques (CMP) proposent une prise en charge des difficultés psychologiques.

De nombreux lieux peuvent accueillir votre enfant. Il y trouvera une écoute, un soutien, des informations et des conseils de prévention. L’accès est libre, gratuit et anonyme.

  • Les Maisons de l’adolescent.

  • Les Espaces Santé Jeunes (ESJ).

  • Les Points Accueil Écoute Jeunes (PAEJ).

Votre enfant peut également appeler Filsantéjeunes au 0 800 235 236, de 9 heures à 23 heures, ou Ecoute cannabis au 0 980 980 940, de 8 heures à 2 heures du matin.

 

Drogues info services (www.drogues-info-service.fr) propose un forum de discussion, mais est également joignable au 0 800 23 13 13, de 8 heures à 2 heures, pour toute personne concernée directement ou indirectement par une consommation de drogue. Un professionnel spécialisé pourra répondre à vos questions et vous aider dans votre réflexion.

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Je me rends dans un CSAPA (Centre de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) Medelli
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Je me rends dans un CSAPA (Centre de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie)

Cette vidéo décrit l’offre d’un CSAPA. Vous y découvrez le rôle du médecin, du psychologue, de l’assistante sociale et du responsable hébergement. Evaluer la consommation du produit et pouvoir se situer. Travailler sur un projet personnalisé. Etre suivi par un psychologue individuellement ou s’exprimer dans un groupe de parole. Améliorer une situation précaire, bénéficier d’un logement. Autant d’aides complémentaires pour ne pas être seul dans cette démarche.
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Je consomme de l’héroïne : que devrais-je savoir ? Medelli
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Je consomme de l’héroïne : que devrais-je savoir ?

L’héroïne, appelée parfois héro, came, rabla ou blanche, se présente sous forme de poudre. Qu’elle soit injectée, sniffée ou inhalée, sa consommation implique des risques importants d’overdose et de dépendance physique et psychique.

 

Qu’est-ce que l’héroïne ?

L’héroïne est un dérivé dela morphine, elle-même synthétisée à partir de l’opium extrait du pavot.

Est-ce qu’une consommation occasionnelle est risquée ?

L’héroïne ralentit la respiration. Une consommation supérieure à la dose que votre corps peut supporter, c'est à dire

« une overdose », entraîne une dépression respiratoire susceptible de conduire à un coma et dans certains cas, à la mort. En 2009, 116 décès ont été attribués en France à une overdose d’héroïne. Le risque existe quelle que soit la quantité d’héroïne, quel que soit le mode de consommation (injectée, sniffée ou inhalée) et dès la première fois. Il est plus élevé si l’héroïne est très pure ou si elle est coupée avec des barbituriques ou des benzodiazépines. La consommation d’alcool ou de tranquillisants ou le fait de prendre de l’héroïne après une période de sevrage favorisent aussi le risque d’overdose.

Quels sont les signes d’une overdose ?

Les premiers symptômes de l’overdose sont : une somnolence, une respiration saccadée, puis ralentie, et une pâleur du visage. Si vous êtes en présence d’une personne victime d’une overdose, appelez immédiatement le SAMU (15 ou 112), stimulez-la et maintenez-la éveillée en attendant les secours. La prévention de l’overdose passe par une bonne connaissance de ses limites, une attention portée au moindre signe d’alarme et une grande réactivité de la part du consommateur ou de son entourage en cas de « piquage du nez » important.

Quels risques sont liés au mode de consommation ?

Si vous partagez, réutilisez votre matériel ou pratiquez votre injection dans de mauvaises conditions d’hygiène, l’injection d’héroïne vous expose au risque de transmission des virus des hépatites B ou C, du VIH, de bactéries ou champignons responsables de maladies au niveau de la peau, des veines ou des organes internes.

 

Pour limiter le risque de transmission de virus, ne partagez pas votre matériel. Chacun son kit stérile. Chacun sa paille. Et évitez d’être seul en cas d’overdose.Pour limiter le risque de transmission de virus, ne partagez pas votre matériel. Chacun son kit stérile. Chacun sa paille. Et évitez d’être seul en cas d’overdose.

 

Le risque infectieux est moindre mais existe également si le produit est sniffé, la paille ou le morceau de papier roulé pouvant transporter notamment le virus de l’hépatite C qui survit parfois plusieurs heures à l’air libre. Vous pouvez également endommager votre paroi nasale ou souffrir de rhinite chronique.

Est-ce que je peux faire une mauvaise expérience ?

La consommation d’héroïne est susceptible de provoquer des nausées, des vomissements ou des vertiges. Elle ralentit parfois la production des sécrétions et conduit à des retards d’éjaculation, une absence de larmes, une constipation ou une sécheresse vaginale. Lorsque l’effet du produit s’estompe, au cours de la « descente », vous pouvez être fatigué ou déprimé et ressentir les premiers signes du manque.

Puis-je devenir dépendant ?

L’héroïne engendre rapidement une très forte dépendance, parfois seulement après quelques jours ou quelques semaines de consommation répétée. La dépendance est à la fois psychique et physique, et se manifeste notamment par des états de manque très douloureux. Anxiété, irritabilité, insomnies, sentiment de malaise général, larmoiements, écoulement nasal, bâillements, sueurs, frissons, sensations de chaud ou de froid, spasmes intestinaux, douleurs dans les membres ou le dos, nausées, vomissements, diarrhées, etc., font partie des symptômes du manque.

En outre, l’accoutumance à l’héroïne (on parle aussi de tolérance), vous obligera à augmenter les doses, en quantité puis en fréquence, pour ressentir le même effet.

Quels sont les risques si je consomme régulièrement ?

La consommation régulière d’héroïne entraîne une anorexie, des troubles du sommeil, de la mémoire ou de l’attention, des problèmes bucco-dentaires (caries, déchaussement des dents) et une baisse du désir ou des capacités sexuelles.

La dépendance, la nécessité d’augmenter les doses pour obtenir le même effet et le coût élevé de l’héroïne peuvent aussi conduire à une marginalisation sociale et un recours possible à la délinquance. La recherche du produit peut devenir votre seule préoccupation, aux dépens des autres besoins, relations ou obligations, sociales, familiales ou professionnelles.

Comment puis-je réduire mes risques ?

Il est préférable de vous abstenir car toute consommation vous expose à des risques. Si vous consommez, vous pouvez néanmoins tenter de réduire ces risques en prenant quelques précautions :

  • Ne consommez jamais seul.

  • Commencez à sniffer ou injectez-vous une petite quantité pour en connaître les effets, notamment s’il s’agit de la première fois, d’un nouveau produit ou après un arrêt de votre consommation.

  • Evitez les mélanges, notamment avec de l’alcool, des médicaments ou d’autres drogues illicites.

  • Si l’héroïne est injectée : ne partagez jamais le matériel d’injection (seringue, récipient, eau, filtre, tampon d’alcool, tampon sec, garrot). Ne réutilisez jamais du matériel. Respectez une bonne hygiène : lavez-vous les mains, utilisez de l’eau stérile ou de l’eau bouillie, utilisez un filtre stérile (les filtres de cigarettes ne le sont pas), désinfectez la zone d’injection, etc.

  • Si l’héroïne est sniffée : ne partagez pas la paille ou le morceau de papier roulé.

  • Si vous « chassez le dragon » (fumer avec une feuille d’aluminium) : utilisez votre propre tube pourinhaler.

  • Procurez-vous du matériel stérile dans les centres spécialisés, les unités mobiles, les pharmacies ou les automates.

Cliquez ici pour connaître les dispositifs de réduction des risques mis à votre disposition.

  • Protégez-vous des maladies sexuellement transmissibles.

  • Après avoir consommé, ne pratiquez pas d’activité à responsabilité ou à risque, notamment ne conduisez pas.

  • Chez la femme, la consommation régulière d’héroïne peut perturber les règles et induire un retard dans la découverte d’une grossesse. Soyez vigilante.

  • La consommation d’héroïne et les crises de manque sont très néfastes pour les nourrissons. Si vous êtes ou prévoyez d’être enceinte, parlez de votre consommation à votre médecin. Vous pourrez, éventuellement, entamer un traitement de substitution.

  • Si vous souffrez d’une maladie chronique, physique ou psychique, si vous suivez un traitement, parlez de votre consommation à votre médecin.

J’ai envie de me faire aider

De nombreuses aides sont à votre disposition. Il existe  :

  • Des sites internet qui vous informent et répertorient les structures d’accueil par départements.

  • Des structures d’accueil où vous pourrez rencontrer des professionnels spécialisés dans la réduction des risques et la prise en charge des dépendances.

  • Des numéros de téléphone gratuits qui vous offrent une écoute 7 jours sur 7.

Cliquez ici pour connaître les aides mises à votre disposition.

 

Vous pouvez aussi en parler à votre médecin généraliste qui saura vous orienter vers une structure adaptée.

Quelle que soit sa couleur (blanche, beige, rose, brune ou noire) et sa texture (poudre, substance granuleuse, collante ou dure), l’héroïne est toujours plus ou moins coupée avec d’autres produits. Il est impossible d’identifier à l’œil nu ou au goût sa concentration ou les produits avec lesquels elle a été coupée. Les produits de coupe peuvent aussi être dangereux : augmentation du risque d’overdose, réactions allergiques, etc.

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